C’est aujourd’hui que doit être examiné le plan social de l’usine Ford de Blanquefort, près de Bordeaux. Si ce plan de sauvegarde de l'emploi est validé, ce sera vraiment la fin.

L'usine Ford de Blanquefort
L'usine Ford de Blanquefort © AFP / GEORGES GOBET

Si c’est le cas, les 850 salariés seront licenciés et l’usine fermera définitivement ses portes en août. Avec les emplois indirects, ce sont près de 3 000 salariés qui seraient touchés. La direction régionale du travail et de l’emploi, qui rend son verdict aujourd’hui, a donc une grosse pression sur les épaules. Après un premier refus le 7 janvier, elle s’était laissée jusqu’au 28 janvier pour se prononcer. Nous y sommes.  

Y-a-t-il une chance que ce plan social soit retoqué ?  

En tous cas, si le PSE est invalidé, un nouveau sursis d’un mois permettrait à l’équipementier automobile belge Punch-Powerglide d’améliorer son offre de reprise. Car, le plus incroyable est que Ford veut à toute force fermer une usine qui a un repreneur. L’industriel Belge promet de sauver 400 emplois et son offre est soutenue à la fois par le gouvernement, les syndicats et les élus locaux qui ont promis de mettre 15 millions d’euros sur la table.  

Pourquoi Ford refuse de céder le site ?  

Officiellement, Ford n’est pas convaincu par la qualité de l’offre. En réalité, il veut montrer aux marchés financiers que la restructuration de ses activités en Europe avance. Autre motif, Ford n’a aucune envie de revivre sa mésaventure de 2009. Il avait alors cédé l’usine de Blanquefort à un groupe allemand avant d’être obligé de la récupérer. Au passage, il avait empoché 25 millions d’aides publics pour moderniser le site et s’était engagé à y maintenir 1000 emplois. La promesse n’a bien sûr pas été tenue. De A à Z, son attitude est scandaleuse dans ce dossier. Et d’Emmanuel Macron à Philippe Poutou, délégué CGT de Blanquefort, en passant par Alain Juppé, le maire de Bordeaux, personne n’a de mots assez durs pour dénoncer le cynisme de Ford.   

Comment la situation pourrait-elle se débloquer ? 

Légalement, c’est étonnant mais rien n’oblige Ford à vendre. La Loi Florange – souvenez vous de François Hollande qui était monté en 2012 sur un camion pour promettre une loi imposant aux groupes qui veulent fermer une usine de trouver un repreneur -  ne concerne que les sites de plus de 1000 salariés ! Une solution serait que l’Etat torde le bras à Ford et lui rachète l’usine – une nationalisation temporaire donc - avant de la céder au repreneur belge. Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, qui s’est impliqué personnellement dans le dossier et n’a pas envie de retrouver avec une catastrophe industrielle sur les bras, n’est pas hostile à ce scénario poussé par les syndicats. Un espoir que la décision aujourd’hui de la direction régionale du travail de Bordeaux pourrait faire renaître ou enterrer définitivement.

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.