Le conseil d’administration de Renault doit officiellement nommer aujourd’hui son nouveau directeur général. C’est la personne qui gérera le groupe au quotidien, aux côtés du président Jean-Dominique Senard. Et chose inédite, il n’est pas Français...

Un italien chez Renault. Luca de Meo a été nommé directeur général du groupe Renault
Un italien chez Renault. Luca de Meo a été nommé directeur général du groupe Renault © AFP / CHARLY TRIBALLEAU

Il s’appelle Luca de Meo, il a 52 ans et il est Italien. Voir un étranger à la tête de Renault, icône française et symbole du capitalisme d’Etat, aurait longtemps semblé inconcevable. D’ailleurs, quand un jeune cadre libano-brésilien avait débarqué en 1996 chez Renault, il avait illico pris la nationalité française pour pouvoir accéder un jour au sommet. C’était un certain Carlos Ghosn.

Aujourd’hui, plus de débat. Parce qu’on trouve déjà des étrangers à la tête d’Axa, Sanofi, Air France ou PSA. Et puis surtout, parce que Luca de Meo est un des noms les plus respectés de l’industrie automobile européenne. Dans cet univers encore très masculin, on parle de lui comme d’un “car guy”. En gros, un “mec de l’auto”, le plus beau des compliments dans ce petit milieu. En clair, c’est un dingue absolu de voitures. 

Luca de Meo, c’est vrai, a fait des étincelles un peu partout où il est passé

Chez Renault déjà, il y a vingt-cinq ans, mais aussi chez Toyota, Fiat, ou Volkswagen. Ce spécialiste du marketing est surtout crédité de deux très grands succès. Le lancement de la nouvelle Fiat 500, en 2007, qui a sauvé le groupe italien. Et ces dernières années, le redressement de l’espagnol Seat, redevenu rentable après dix ans de pertes grâce à des ventes en hausse de 30%. En fait, Luca de Meo a le talent rare de flairer les tendances de demain. 

Chez Renault le défi est de taille. Pas simple de passer derrière Carlos Ghosn

Non, c’est sûr. Le patron déchu de Renault et Nissan, depuis qu’il a fui le Japon pour le Liban, adore raconter que, sans lui, les deux constructeurs vont droit dans le mur. Il n’a peut-être pas tort quand il parle de situation catastrophique. Sauf sur un point. Que tout cela, c’est en grande partie de sa faute à lui. 

Car quel est le bilan de Ghosn, après quatorze ans à la tête de Renault ? une très faible rentabilité, une alliance avec les Japonais de Nissan qui génère en réalité bien moins d’économies que ce qu’il a annoncé durant des années, un haut de gamme dans la panade, de gros marchés inexplorés, un cours de Bourse qui a stagné quand celui de Volkswagen a augmenté de 400%… 

Bref, un bilan au mieux médiocre et de sacrés défis en perspective pour de Meo

Et puis, il y a une image à redorer, durement touchée par les errements de Ghosn. Luca de Meo aime ainsi à rappeler le sujet de son mémoire de fin d’étude : business et éthique. Rien qu’avec un tel programme, c’est sûr, on va changer d’époque chez Renault.

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