L’année dernière, seulement 96 passagers ont pris un avion commercial à Troyes. A Auxerre, il y en a eu 918.

Trop d'aéroports en France ?
Trop d'aéroports en France ? © Getty / Fabian Krause / EyeEm

Paris-Vatry, une improbable aérogare située en pleine campagne, au Sud de Châlons et Champagne avait été pensé par les élus locaux pour être la porte d’entrée de Paris pour les marchandises. En 2010 il devait accueillir 150 tonnes de fret, aujourd'hui, il en voit passer seulement 6 000. La France regorge de petits aéroports quasi vides. Il y en a environ 150 sur tout le territoire. 

150 aéroports, ça coûte cher à entretenir et à moderniser. Et cela coûte encore plus cher lorsque l’argent public est utilisé pour convaincre des compagnies aériennes de venir s’y poser. La compagnie lowcost Ryanair s’est spécialisée dans ce business : elle dessert plusieurs petits aéroports français en échange de généreuses subventions publiques. Mais ce n’est pas tout : les élus locaux sont souvent prêts à casser la tirelire pour avoir leur propre aéroport. A Dijon et Dole, ils ont investi 42 millions d’euros entre 2010 et 2016 pour moderniser leurs aéroports respectifs, alors qu’il n’y a que 60 kilomètres entre les deux villes. Seul Dole a survécu, et l’aéroport de Dijon est à l’arrêt. 

L’aéroport est à l’élu local ce que la Rolex est à l’homme de 50 ans : si t’en as pas, c’est que t’as raté ton mandat !   

Mais les petits aéroports, c’est aussi un moyen de désenclaver certains territoires : pour faire Paris-Aurillac, il faut compter 8 heures en train, 6 heures en voiture, mais seulement 1h20 en avion. Maintenir un aéroport dans le Cantal n’est donc pas illogique. D’ailleurs, la ligne Paris-Aurillac fonctionne sous obligation de service public, cela veut dire qu’elle est subventionnée par l’Etat, tout comme une dizaine d’autres petites lignes. 

Par ailleurs, les élus rappellent que les aéroports locaux servent parfois à d’autres activités comme les vols de loisir, le parapente, ou des opérations de sécurité. Mais on n’a probablement pas besoin de 9 aéroports en Bretagne au moment où le TGV s’y déploie et au moment où la France doit absolument réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

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