Chaque année, le cabinet de conseil et d’audit, EY, établit un baromètre de l’attractivité des pays européens pour les investisseurs étrangers. Voici la dernière édition de ce classement qui est plutôt une bonne nouvelle.

La France toujours attractive pour les entreprises ?
La France toujours attractive pour les entreprises ? © Getty / Frédéric Soltan/Corbis

Les sommets organisés à Versailles par Emmanuel Macron et sa politique fiscale et sociale ont payé. Fin 2019, la France était en tête de tous les pays européens pour l’accueil d’investissements internationaux : 1197 projets annoncés, devant le Royaume-Uni (1109) et l’Allemagne (971). 

Ce n’est pas tout ! Pour un tiers des patrons interrogés, l’attractivité du territoire français s’améliore, et pour la moitié, elle est stable. Ils préfèrent en quelque sorte l’avertissement des "gilets jaunes" et des syndicats sur les retraites à un Brexit ou à l’élection d’un leader imprévisible comme Donald Trump. 

Mais ça, c’était avant le Covid 19. La situation a tout de même beaucoup changé. 

Ces projets d’investissements sont-ils toujours d’actualité ? 

Pas tous. D’après EY, 65% des projets annoncés en 2019, les deux tiers donc, devraient être maintenus, les autres seront reportés, réduits ou annulés. C’est une moyenne pour l'Europe, la Russie et la Turquie et la France se situe pile dans cette moyenne. Le classement ne change donc pas. On peut dire que nous attirons toujours 19% des investissements étrangers.  

Après les débuts difficiles de la France dans la crise du Covid, le manque de masques, puis de tests, de respirateurs, Marc Lhermitte, l’associé d’EY en charge du projet, se demandait si l’image de la France en avait souffert. Il a donc fait une deuxième enquête fin avril, auprès de 113 dirigeants. 

Le résultat de cette enquête ?

Alors il y a des bonnes et des mauvaises nouvelles. 

Côté bonnes nouvelles, les patrons étrangers et patrons de filiales étrangères en France ont trouvé la crise plutôt bien gérée. Ils ne nous comparent pas avec l’Allemagne, plutôt avec le Royaume-Uni. Ils sont  très positifs sur la réactivité du gouvernement sur le plan économique. 

La bonne ou la mauvaise nouvelle, selon l’appréciation que vous portez sur la politique d’Emmanuel Macron, c’est qu’ils en redemandent. Le CICE, le Crédit d’Impôt Recherche, la baisse programmée de l’Impôt sur les Sociétés, sont salués. Ils attendent avec beaucoup d’intérêt le plan de relance. 

La moins bonne nouvelle, c’est lorsqu’on les interroge sur les relocalisations de chaînes de production, ils sont plutôt embarrassés par la question. Ils parlent bien de régionalisation, mais ils pensent que cela se fera par un renforcement des sites aux portes de l’Europe, en Europe de l’est ou centrale, en Turquie, au Maghreb. C’est un peu loin de la France… 

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