Stéphane Richard, le PDG d’Orange, comparait depuis deux semaines et demie devant le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire Tapie. Ce procès a-t-il un impact sur l’opérateur télécom?

Il n’est pas le premier patron du CAC 40 à passer devant la justice. Les derniers en date, Daniel Bouton de la Société générale et Christophe de Margerie chez Total avaient été relaxés.  Stéphane Richard espère la même issue mais son procès n’a rien à voir avec la gestion d’Orange. Il comparaît pour « complicité d’escroquerie et de détournement de fonds publics » dans l’affaire Adidas-Crédit Lyonnais, du temps où il était directeur de cabinet de Christine Lagarde au ministère de l’Economie.  Ni les équipes de communication ni les juristes de l’opérateur ne sont donc en première ligne sur le dossier. Stéphane Richard paye lui-même ses avocats – notamment le pénaliste renommé Pierre Cornut Gentille. Il a aussi embauché Clément Reyne, un spécialiste de la communication de crise.  

Comment l’entreprise Orange gère-t-elle l’absence de son président ?  

Stéphane Richard est présent au tribunal tous les après-midi, sauf circonstance exceptionnelle : il était présent au premier jour de l’audience mais avait été autorisé à s’envoler peu après avec Emmanuel Macron pour un voyage présidentiel en Afrique. Le patron d’Orange reste donc en charge.  Pas question pour autant de prendre des appels ou d’envoyer des SMS en douce lorsqu’il est en face des juges. Mais quand il est « offline », il peut compter sur un état-major solide et loyal. Il avait progressivement remanié son équipe après sa mise en examen dans cette même affaire en 2013: à l’époque, son absence avait révélé quelques failles dans la chaine de commandement – certains des barons du groupe se seraient bien vus calife à la place du calife. Dans l’entourage de Stéphane Richard, on estime que ce risque n’existe plus aujourd’hui.  

Le risque de sa condamnation est bien réel : que se passerait-il alors ?  

Ses proches affirment qu’il est « ultraconfiant ». Mais s’il est reconnu coupable, Stéphane Richard devrait se plier à la jurisprudence Mathieu Gallet, l’ancien patron de Radio France. Le patron d’une entreprise contrôlée pour tout ou partie par l’Etat ne peut rester en poste s’il est condamné en justice. La présidence pourrait alors être confiée à une personne extérieure - le nom de Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance et administrateur d’Orange revient souvent… Verdict au début de l’été.

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