Il ne s’agit que d’une phrase du discours fleuve du chef de l’Etat, je vous l’accorde, mais ces quelques mots sont loin d’être anodins. Pour Emmanuel Macron, cet appel à la création d’une batterie européenne pour l’automobile est au cœur de la transition énergétique.

Aujourd’hui l’Europe a perdu la bataille. Il n’existe en effet que trois pays qui produisent massivement des batteries pour les véhicules électriques : un peu le Japon, et beaucoup la Corée et la Chine. Or ce n’est pas sans poser de sérieux problème à l’avenir. Avec l’explosion attendue des ventes de voitures électriques, les constructeurs vont se retrouver totalement dépendants des fournisseurs asiatiques.  Or ces fournisseurs pourraient décider de rationner les ventes ou d’augmenter à leur guise les prix de ces batteries, ce qui renchérirait le coût de ces véhicules, donc freinerait l’essor de la voiture électrique, et compliquerait la baisse des émissions de gaz à effet de serre. Autant dire la tuile.  

Que peut faire l’Europe ? 

La première solution consisterait à favoriser l’émergence d’un acteur qui construirait une usine de batteries comparables à celles des fournisseurs asiatiques. Seul problème, il paraît difficile de sortir des produits moins chers que ceux fabriqués en Asie. Pas sûr alors que ces usines trouvent des débouchés. Autre option privilégiée par Emmanuel Macron et ses homologues allemands : investir massivement dans la recherche pour inventer une batterie de nouvelle génération, plus sûre, plus propre et qui offre plus d’autonomie.  Plusieurs consortiums y travaillent déjà. L’un d’entre eux est composé de l’allemand Siemens, du belge Solvay, et du français Saft. Leur objectif : mettre au point une batterie révolutionnaire d’ici 2023.  

L’enjeu des batteries dépasse le seul secteur automobile

C’est aussi l’avenir des énergies renouvelables qui se joue. Rappelons que l’éolien et le solaire ont beaucoup d’avantages mais un inconvénient de taille : ce sont des énergies intermittentes qui produisent de l’électricité, seulement lorsqu’il y a du vent ou de la lumière.  Ces énergies vertes ne peuvent donc espérer remplacer définitivement nos centrales à gaz, au charbon, au pétrole ou le nucléaire, que si l’on réussit à stocker massivement de l’électricité. Or le stockage c’est encore et toujours une affaire de batteries. On y revient.

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