Manchester City devient le club de football le plus cher du monde. Le propriétaire a vendu 10% de ses parts à un investisseur américain, ce qui valorise le club à 4 milliards et demi d'euros : un record !

Footballeurs de Manchester City, ici lors de l'UEFA
Footballeurs de Manchester City, ici lors de l'UEFA © Maxppp / Martin Rickett/Press Association Images

Manchester City vaut autant que le groupe Air France KLM… C’est un fonds d’investissement américain, Silver Lake, qui s’est offert cette participation, au côté de l’actuel propriétaire, un cheikh d’Abou Dhabi. 

Jusqu’à présent, Silver Lake investissait plutôt dans les sociétés technologiques, comme Alibaba, le géant chinois du e-commerce, les ordinateurs Dell ou Skype. Manchester City est son deuxième investissement dans le sport. 

Cet investissement est-il une bulle spéculative ? 

Pour l’économiste Bastien Drut, pas forcément. Dans son livre Mercato, l’économie du foot au 21ème siècle, dont la deuxième édition sortira le 10 décembre, il montre que les clubs de foot européens gagnent énormément d’argent. 

Je vous livre en avant première le petit calcul qu’il a fait: en vingt ans, les recettes des clubs européens sont passées de 3 à 20 milliards d’euros, soit une croissance de 10% par an en moyenne. Pour les clubs comme Manchester City ou le PSG, c’est bien plus. Et cela permet largement d’amortir les prix de transferts et les salaires mirobolants de joueurs comme Sterling, Neymar ou Mbappe. 

D'où vient tout cet argent ? 

De la billetterie, un peu. Des droits télés, beaucoup. Ils ne cessent d’augmenter, Sonia Devillers vous en parlera à 8h50 dans l'édito M. Et surtout du sponsoring, qui a explosé avec les réseaux sociaux. Quand vous avez 38 millions d’amis sur Facebook comme Manchester City ou le PSG, ça vaut de l’or.  

Il y a donc une ruée sur le foot, avec d’un côté les investisseurs du Golfe qui ont défini le sport comme axe de diversification de l’après-pétrole et de l’autre les fonds anglo-saxons, qui rachètent les Girondins de Bordeaux ou le Milan AC par exemple pour faire une plus-value à la revente. 

Le foot se financiarise à coup de milliards sous les yeux de l’UEFA, qui veut toujours faire respecter le fair play financier. Mais qu’est ce ça veut dire aujourd’hui, le fair play ? Au départ, il s’agissait de pénaliser les clubs qui mettaient leurs comptes dans le rouge pour acheter des joueurs. Aujourd’hui, ils gagnent de l’argent. 

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