Pendant le confinement, l’épargne des Français a explosé, surtout celle des ménages les plus aisés. En septembre, on a de nouveau dépensé. Mais le re- confinement risque de re-gonfler les livrets d’épargne… Mais il y en a surtout un qui dérange les banques: le PEL.

En temps normal, environ 6 milliards d’euros arrivent chaque mois sur les livrets A. En mars, ces versements ont quadruplé et cela a continué jusqu’en juillet. Il a fallu attendre septembre, pour que les flux retombent sous la barre des 6 milliards. Les dépôts sur les comptes bancaires ont aussi baissé, une bonne nouvelle pour la consommation. 

Mais c'est sans doute une parenthèse, l’épidémie étant repartie de plus belle. Pourtant en épargnant sur ce fameux livret ou sur nos comptes bancaires, nous ne faisons pas de bonnes affaires. 

Dans un rapport transmis au gouvernement, la Banque de France rappelle que l’an dernier, les épargnants ont perdu de l’argent avec leur livret A. Pour une raison simple: le taux d’intérêt était inférieur à celui de l’inflation, et ce, pour la troisième année consécutive. Cette année c’est un petit peu mieux car l’inflation est en forte baisse.  Rien de fou toutefois… 

Il y a pourtant un placement bancaire qui rapporte beaucoup et qui inquiète la Banque de France…

Oui ce sont les Plan épargne logement,  les PEL, et en particulier les PEL souscrits avant 2011. Car ce placement sans risque, conçu pour vous faire épargner à long terme, a une spécificité: son taux d’intérêt est déterminé et fixé à la date d’ouverture du compte. 

Les livrets les plus récents ne rapportent que 1%. Mais ceux ouverts avant 2011 rapportent en moyenne 4,4%. Ils se transmettent en cas d'héritage. Un Français sur cinq a un PEL et, au total, il y a plus d’argent sur ces Plans que sur les Livrets A. 

La Banque de France a calculé que si tous étaient rémunérés à 1%, les banques économiseraient 4 milliards d’euros, qu’elles pourraient réinjecter dans l’économie. 

Autant dire qu’elles font pression pour que Bercy légifère et baisse le taux de tous les livrets…

Et ça va se faire ? 

On pourrait se dire que dans une crise comme celle-ci, il ne serait pas illogique de raboter les revenus des ménages qui ont de l’épargne - souvent les plus aisés- pour soutenir les entreprises ou diminuer les frais bancaires de ceux qui sont à découvert parce qu’ils ont perdu leur boulot ou sont en chômage partiel. 

Mais si l’argent est utilisé par les banques pour reverser des dividendes à leurs actionnaires - ce que la Banque Centrale Européenne leur a interdit de faire pour l’instant -  cela ferait hurler les épargnants floués et on les comprend. 

On comprend aussi l’extrême prudence de Bruno Le Maire et des équipes du ministère des finances, qui n’ont pas tellement envie d’entrer dans ce débat. Pour l’instant… 

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