Le Medef tient son université d'été à Jouy-en-Josas : un rendez-vous vieux de 20 ans.

Geoffroy Roux de Bezieux lors de la conférence de presse de rentrée du Medef
Geoffroy Roux de Bezieux lors de la conférence de presse de rentrée du Medef © AFP / ERIC PIERMONT / AFP

Souvenez vous il y a peu de François Hollande, lançant « mon ennemi c’est la finance », instaurant la taxe sur les hauts revenus, déversant des milliards d’euros d’impôts sur les entreprises.  Pour les patrons, c’était l’enfer ; mais pour le Medef, ce fut  une aubaine. Pierre Gattaz, son président, n’a tenu pendant des années qu’un discours : faire baisser massivement les charges et les taxes pour sauver les entreprises et espérer créer des emplois. Souvent critiqué, il n’a jamais dévié de sa ligne, jusqu’à obtenir en fin de quinquennat Hollande, le CICE et le pacte de responsabilité, soit 40 milliards de baisses de charges pour les entreprises ! Pas de doute, le Medef a servi les entreprises.  

Avec Emmanuel Macron, les choses ont changé pour l'organisation des patrons

L’ancien ministre de l’économie, aime la finance, les entrepreneurs, le CAC40, les start-up. Il préfère le travail à l’assistanat, la liberté d’entreprendre aux monopoles, les heures sup aux 35 heures. Macron c’est un président pro business qui a engagé, au pas de charge, une politique pro-business. Rappelons quelques unes des mesures : La réforme du Code du travail, la quasi suppression de l’ISF, la mise en place de la flat tax, la baisse programmée de l’impôt sur les sociétés, la réforme de l’apprentissage, celle de la formation professionnelle. Pour les patrons, c’est une aubaine, mais pour le Medef, c’est devenu un peu l’enfer. Car que faire, que dire, comment se faire entendre quand, grosso modo, un gouvernement met en œuvre la politique que les patrons réclament depuis des années. 

Le président Macron a en quelque sorte uberisé le Medef

Finalement est-ce que c'est si grave ? Le Medef et les patrons se réjouissent bien entendu de ces réformes qu’ils jugent indispensables pour favoriser l’investissement et créer des emplois. Vous noterez que lors de cette université d’été, pas une voix ne s’élève franchement contre les mesures adoptées par le gouvernement depuis un an. Ensuite, nul doute que le Medef saura se renouveler, défendra de nouvelles idées, exigera plus de réformes.  Mais attention, avant cela il faudra que cette politique économique, mise en place avec succès dans la plupart des pays européens, réussisse aussi en France. Pour l’heure le chômage ne baisse pas et la croissance n’est pas folichonne. Les réformes de fonds mettent certes du temps à produire leurs effets ! Quoi qu’il en soit : échec interdit pour Emmanuel Macron, mais aussi pour le Medef.

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