Le gouvernement au grand complet se réunit ce matin en séminaire à Matignon pour mettre en musique les mesures annoncées jeudi dernier par le chef de l’Etat, et parmi ces promesses, 5 milliards d’euros d’impôts en moins dès 2020.

La baisse va donc cibler large et concerner tous les contribuables soumis aux deux premières tranches du barème.
La baisse va donc cibler large et concerner tous les contribuables soumis aux deux premières tranches du barème. © Getty

L’objectif politique, Emmanuel Macron l’a dit lors de sa conférence de presse, c’est de mettre du baume au cœur de la France qui travaille mais connaît des fins de mois difficiles. Et, plus largement, de rendre du pouvoir d’achat à la classe moyenne qui, sinon, risquerait de se détourner définitivement du Macronisme.  La baisse va donc cibler large et concerner tous les contribuables soumis aux deux premières tranches du barème. C’est-à-dire ceux imposés à 14% ou 30%.  Et cela fait beaucoup de monde : 15 millions de foyers sur les presque 17 millions imposables. Sur la petite moitié de contribuables qui paient l’impôt en France, 9 sur 10 devraient bénéficier de ce coup de pouce fiscal.  Seuls les plus aisés, qui gagnent plus de 7000 euros par mois et sont imposés à 41% ou 45%, en seront exclus.  

Pour les autres, quel sera le montant de ce coup de pouce ? 

Difficile à dire tant que l’on n’a pas le dispositif précis qui sera bouclé probablement à l’été avant d’être inscrit dans la loi de finances votée à l’automne. L’objectif que l’on a en tête à Bercy, c’est une réduction de l’ordre DE 10%.  Pour donner un chiffre, cela devrait représenter une baisse moyenne de 300 à 400 euros par foyer fiscal.  

Comment le gouvernement va-t-il s’y prendre pour aboutir à cette baisse d’impôt sur le revenu ?   

L’idée générale est de rendre l’impôt plus progressif. Il y a trois manières de le faire :  

  1. Remettre une tranche supplémentaire dans le bas du barème, comme cela existait avant 2015, pour éviter de passer brutalement d’un taux d’imposition de 0% à 14%. Cette nouvelle tranche pourrait se situer entre 5% et 10%.

  2. Garder les deux premières tranches et baisser leur taux : 10% par exemple au lieu de 14% et 25% au lieu de 30%.  

  3. Troisième solution : revoir le système de la décote mis en place sous Hollande qui avait permis de reculer le seuil d’entrée dans l’impôt pour les plus modestes mais avait rendu le choc plus brutal pour tous les autres.

Problème, cette dernière mesure, très technique, n’est pas très vendeuse politiquement. Voilà pourquoi, du côté de la République en Marche, on plaide plutôt pour une mesure simple de baisse des taux. Car le gros avantage pour le gouvernement et la majorité, c’est que des millions de Français pourront, dès janvier 2020, en voir directement les effets sur leur fiche de paie  grâce au prélèvement à la source.

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