Deux enquêtes, celle de l’Insee sur le moral des ménages et un sondage OpinionWay pour le cabinet “Empreinte humaine” convergent vers le même constat: les Français n'ont pas le moral. Il faut être attentif au risque de détresse psychologique pour que le retour au travail de tous se passe bien.

Attention au moral des Français
Attention au moral des Français © Getty / Maskot

L’Insee, l’institut de la statistique, suit tous les mois l'évolution du moral des ménages et la perception qu’ils ont de leur situation économique. 

En avril, cet indicateur a plongé comme jamais depuis sa création en 1972. Il n’est pas encore à son niveau de décembre 2018, au pire de la crise des Gilets jaunes, mais il y va tout droit. 

Les Français pensent que leur situation financière future va se dégrader, que le niveau de vie général va se détériorer. Ils ne projettent pas d’achats importants. Ils ont retrouvé la peur du chômage alors qu’ils étaient confiants avant le Covid. 

Cela explique la détresse psychologique que l’on observe chez une proportion croissante de salariés ? 

C’est une autre enquête qui détaille ce phénomène: un baromètre de l’état psychologique des salariés pendant le confinement. Il a créé avec le sondeur Opinon Way par un cabinet spécialisé dans la prévention des risques psycho-sociaux au travail, Empreinte humaine. 

Ce cabinet a noté une forte hausse des troubles mentaux en Chine, suite au confinement. Nous devons donc être vigilants. Ce que confirment les résultats de la deuxième vague du baromètre, mesurés autour du 20 avril. 

62% des salariés confinés se disent fatigués. Et presqu’un sur deux ressent une forme de détresse psychologique. Deux chiffres en hausse par rapport au premier baromètre du confinement. 

Pourquoi une telle fatigue alors qu’on est à la maison, en télétravail, donc sans temps de transport, ou en chômage partiel ? 

C’est une fatigue cognitive, psychologique. 58% des salariés interrogés trouvent leur journée de travail plus longue : les premiers mails tombent plus tôt, les derniers plus tard. La coupure vie privée-vie professionnelle s’estompe. Et on fait la classe aux enfants. 

La détresse psychologique (dépression, troubles anxieux…) touche en particulier les femmes -une sur cinq de manière forte -car la charge mentale ne disparaît pas avec le confinement. Les personnes logées dans moins de 40 mètres carrés sont très exposées, évidemment. Les managers sont sur les rotules. Finalement, ceux qui sont sur le terrain s'en sortent mieux psychologiquement, malgré le risque viral.

Le cabinet souligne un autre facteur d’anxiété: le possible “rattrapage d’activité”. Un tiers des salariés concernés par cette perspective vit très mal l’idée qu’on rogne sur ses vacances ou ses loisirs une fois la liberté revenue. 

Toutes ces tensions accumulées, si on n’y prend pas garde, pourraient se traduire par une hausse des arrêts maladies en sortie de confinement. Mais il y a une solution: redoubler d’attention aux autres au sein de l’entreprise pour faciliter le retour.  

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