Maintenant que la période des cadeaux est passée, l'heure est au bilan pour le e-commerce en 2020... et il y a des surprises, ce n’est pas le grand succès annoncé !

2020, une année constrastée pour le e-commerce
2020, une année constrastée pour le e-commerce © Getty / the_burtons

Surtout en période de confinement. Quand les magasins sont fermés, pas le choix, il faut consommer en ligne ! Et il est vrai que les fêtes de Noël ont été celles de tous les records. En décembre, La Poste a livré 4 millions de colis par jour, 50 % de plus que l’an dernier, c’est énorme !

Mais quand on y regarde de plus près, la situation est beaucoup plus contrastée qu’il n’y paraît. Quelques chiffres le montrent.

L’an dernier, en 2019, le secteur du e-commerce a connu une croissance spectaculaire de 11 %. On s’attendait à une dynamique comparable cette année. Mais voilà, à l’heure du bilan, cette hausse devrait être plus modestes : 6 %.

Il est vrai que ça reste plutôt pas mal, mais on peut surtout retenir que la Covid-19 a eu pour effet de freiner la hausse du e-commerce. Et ça, c’est parce qu’il y a des secteurs pour lesquels 2020 a été une vraie catastrophe.

Une catastrophe pour le tourisme, par exemple ? 

On achète moins de billets d’avion, mais aussi de trains, les réservations d’hôtels… Tout le secteur du voyage en ligne s’est effondré de 40 % durant l’été. C’est considérable ! Car pris ensemble, les services représentent la moitié du chiffre d’affaire du commerce en ligne.

Et les secteurs qui s’en sortent le mieux ?

Ce ne sont pas les services, mais la vente de produits. Le grand vainqueur est le drive alimentaire, en hausse de plus de 30%. Le boom est comparable pour les produits de beauté et de santé. L’habillement progresse de 17 % et le bricolage s’en sort lui aussi très bien, selon la Fevad, la Fédération du e-commerce et de la vente à distance.

On constate aussi que les Français sont restés attachés à leurs marques habituelles. Des enseignes comme Boulanger, Leroy Merlin, Décathlon, ou la Fnac, ont connu une croissance en ligne trois fois supérieure à celle des entreprises pureplayer, celles qui font uniquement de la vente en ligne. Il n’y a pas que le géant Amazon ! Et heureusement, car le e-commerce a ainsi joué un rôle d’amortisseur économique.

La crise sanitaire contribue aussi à changer les comportements. Selon le délégué général de la Fédération du e-commerce, Marc Lolivier, après la sidération du premier confinement, les entreprises ont accéléré leur transformation digitale pour grossir la part de marché du e-commerce. Ce n’est peut-être qu’un début. Parce que, si nous autres Français, nous consommons autant en ligne que nos voisins Allemands, les Britanniques le font deux fois plus – ce sont eux, les champions du monde du e-commerce.

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