Le géant français de l’industrie parapétrolière doit faire face à de lourdes échéances financières et doit aussi réduire drastiquement ses coûts.

Selon des informations de Challenges, le spécialiste des tubes en acier sans soudure prévoit de supprimer 1 800 emplois au total au cours de l’année 2019.  En France, près de 1200 emplois seraient concernés sur trois sites industriels. L’Allemagne est également touchée avec son site de Düsseldorf: là, ce sont plus de 600 emplois qui doivent être supprimés. Hier soir, la direction de Vallourec a démenti « un vaste plan social ». Il confirme un plan d’action pour renforcer la compétitivité de ses activités en Allemagne.  Il n’empêche, le groupe traverse bien une crise : le mois dernier, il avait décidé de ne pas soutenir la reprise de l’aciérie Ascoval dont il est actionnaire. Épisode douloureux de la rentrée sociale.   

Comment ce fleuron industriel est-il tombé aussi bas? 

Le groupe avait déjà frôlé le pire il y a quelques années avec l’effondrement du cours du pétrole – et donc la baisse des investissements.  Et en février 2016, il avait bénéficié d’un spectaculaire plan de sauvetage, sous la forme d’une augmentation de capital d’un milliard d’euros. Merci à BPI France, actionnaire à 14,5%, et au Japonais Nippon Steel, qui doivent aujourd’hui s’arracher les cheveux.  A l’époque, le directeur financier de Vallourec avait estimé que cette manne plaçait le groupe à l’abri – quel que soit le scénario. Deux ans et demi plus tard, l’entreprise est exsangue : quatre milliards de chiffre d’affaires, près de 20 000 salariés et une montagne de 2 milliards de dettes. Résultat, l’action est en chute libre : en un mois, elle perdu la moitié de sa valeur. 

Mais les variations des cours du pétrole n’expliquent pas tout

Depuis le début de l’année ils connaissaient une embellie et on aurait pu croire que ce rebond profiterait aux résultats de Vallourec. Il n’en est rien. Et comme les prix du baril sont en chute libre, depuis un mois, les marchés paniquent.  La conjoncture a bon dos. Philippe Crouzet, président depuis près de 10 ans est accusé de ne pas avoir mené les réorganisations qui auraient permis à Vallourec de rester compétitif. Et c’est un nouveau dossier explosif qui vient d’être déposé sur le bureau du ministre de l’Economie, Bruno Lemaire.

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