Ce matin dans Le Parisien, le président de l’association France Parkinson tire la sonnette d’alarme. Le Sinemet, ce médicament vital dans le traitement de Parkinson, est en rupture de stock. Et ce n’est pas un cas isolé...

Pénurie de Sinemet, médicament dans le traitement de Parkinson
Pénurie de Sinemet, médicament dans le traitement de Parkinson © Maxppp / FLORENT MOREAU

Il y a aujourd’hui en France des malades paniqués parce que leur médicament est devenu introuvable en pharmacie ou dans les hôpitaux.  C’est le cas du médicament phare contre Parkinson, en rupture de stock depuis fin août et pour lequel on manque de génériques. Pour France Parkinson, c’est de la non-assistance à personne en danger.   

D’autres médicaments de ce genre, des médicaments indispensables, sont en rupture de stock, ils sont très nombreux et ça fait froid dans le dos. Allez sur le site de l’Agence nationale de sécurité du médicament et vous en verrez une liste longue comme le bras. Dans cette liste, on trouve le Sinemet donc mais aussi des traitements contre le cancer, l’hypertension, l’épilepsie et même un vaccin, le BCG. L’an dernier, pas moins de 530 médicaments essentiels ont été, à un moment ou à autre, déclarés en rupture de stocks on en difficulté d’approvisionnement. C’est 10 fois plus qu’il y a dix ans.   

Comment expliquer une telle pénurie ?  

Dans le cas de Parkinson, le laboratoire Merck a suspendu sa production le temps de remettre son usine américaine aux normes. Soit mais, en principe, les labos ont l’obligation de mettre en place des plans de gestion de leur production pour éviter justement les ruptures de stocks. 

De façon plus générale, les labos pharmaceutiques ne sont pas seuls en cause mais ils ont une responsabilité évidente dans la pénurie de médicaments en France. C’est que notre pays est en Europe l’un de ceux où le prix des médicaments, encadré par l’Etat, est le moins cher. Les labos préfèrent vendre en Allemagne ou en Suède où c’est plus cher. Et quand ce ne sont pas les labos, ce sont les grossistes, par lesquels passent les pharmacies, qui préfèrent approvisionner des marchés plus rentables.     

En cas de pénurie, quelles solutions pour les patients ?  

Les autorités sanitaires sont mobilisées. Elles ont mis sur pied un plan d’action pour assurer la continuité des traitements. Cela ne suffira sans doute pas.  La preuve : la mission du Sénat chargée de plancher sur le sujet veut aller beaucoup plus loin. Elle a publié il y a quelques jours une liste de 30 propositions : la relocalisation de la production en France, le lancement des achats groupés de vaccins à l’échelle européenne, la vente de boîtes plus petites de médicaments en cas de crise pour éviter le gaspillage…  Plus surprenant : les sénateurs ont proposé que les traitements vraiment essentiels soient, comme en Suisse, fabriqués par l’armée. Certaines de ces idées pourraient faire l’objet d’une proposition de loi.

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