La réforme de l’assurance-chômage entrera en vigueur ce vendredi 1er Novembre. Pôle Emploi se prépare. On peut dire que c'est un grand chamboulement, mais attention quand même...

Illustration pour Pole Emploi
Illustration pour Pole Emploi © AFP / GARO / Phanie

Une partie de la réforme ne sera effective qu’en avril 2020 : celle qui concerne le changement des règles d’indemnisation pour les demandeurs d’emploi qui alternent, à haute fréquence, chômage et contrats courts. Le bonus malus pour les entreprises qui abusent des contrats courts, lui, est prévu pour plus tard, 2021. 

Ce qui change vendredi, ce sont les règles qui ouvriront droit au chômage. Avant, il fallait avoir travaillé quatre mois pendant une période de vingt-huit mois pour y avoir droit. A compter de vendredi, il faudra avoir travaillé six mois pendant une période de deux ans. 

De même pour recharger ses droits au chômage, il faudra travailler au moins six mois pendant la période d’indemnisation, et pas seulement un mois. 

Ce qui change aussi, et c’est assez massif, ce sont les règles d’indemnisation des cadres dont les salaires dépassent 4500 euros par mois. Ils verront leur mensualité baisser de 30% au bout de six mois. C’est la dégressivité

Il y a aussi, il faut aussi le rappeler, de nouveaux droits pour certains indépendants et pour les démissionnaires qui pourront présenter un projet un Pôle emploi et bénéficier du chômage s’ils ont un nouveau projet professionnel. 

La réforme peut-elle avoir un effet sur le retour à l’emploi ? 

Sur les mesures qui entrent en vigueur vendredi, l’Unedic, qui tient les comptes du chômage, ne se mouille pas trop. Mais on peut faire le pari que oui, parce que beaucoup d’entreprises disent avoir du mal à recruter. 

Donc il y aura peut être un effet, mais surtout parce que le marché du travail est assez porteur. 

C’est bien là dessus que compte Emmanuel Macron pour pouvoir dire : regardez quel bon réformateur je suis. 

Mais une partie de cette réforme risque de faire "pschitt"

Comme l’assurance chômage pour les démissionnaires très encadrée ou le bonus malus pour les entreprises, une usine à gaz.

Une partie est injuste aussi : la dégressivité pour les cadres alors qu’ils cotisent beaucoup ajoutée à la va-vite pour “contrebalancer” la durcissement des règles pour les plus précaires, pour faire “juste”. 

La réforme, on le sait, est un art difficile dans un pays qui n’a pas la culture du consensus. C’est peut-être cela qu’il faut chercher à changer sinon elles reviennent toujours en boomerang, comme on le voit avec la SNCF ou avec les retraites, un feuilleton qui s'annonce sans fin. 

Et surtout : alors qu’ Emmanuel Macron applique son programme à la lettre, 63% des Français, selon un sondage IFOP sur son bilan de mi-mandat, trouvent qu’il ne tient pas ses promesses. 

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