Le patron des skis Salomon, Jean-Marc Pambet, tire sa révérence. Il passera la main après-demain à son successeur, un britannique. Avant de partir, il a dessiné un plan ambitieux de développement pour la marque.

Il est parti sous les ovations et les salariés de Salomon lui ont offert quatre dossards pour participer à des courses ultra sportives, comme la Transjurassienne (ski et trail) ou le Marathon du Mont Blanc. Cela vous donne une idée du caractère et des passions de cet homme de 60 ans, qui était dans l’entreprise depuis 34 ans et à sa présidence depuis dix ans. 

Pendant ces dix années, les ventes de Salomon sont passées de 400 millions d’euros à 830 millions. A côté des sports d’hiver, où la marque est numéro un mondial, il y a aussi les vêtements et chaussures de randonnée et d’alpinisme. 

Et surtout le sportswear, la mode décontractée. Les athlètes ne sont pas les seuls à porter du Salomon. Le rappeur OrelSan ou la chanteuse Rihanna aussi. 

Mais il se trouve que le groupe finlandais Amer Sport, auquel Salomon appartient depuis 2005, a été racheté cette année par un consortium mené par un actionnaire chinois, Anta Sports. Il s’agit d’une société familiale en très forte croissance. Anta Sports, c’est un nom à retenir. 

Ce nouvel actionnaire a demandé à Jean-Marc Pambet un plan stratégique à cinq ans. Il l’a tracé, puis il a choisi de passer la main à son successeur pour le mettre en œuvre. Au programme, Salomon va ouvrir des boutiques dans les grandes villes, développer la vente sur Internet et partir à la conquête du marché chinois. 

Aujourd'hui, le groupe Salomon ne fabrique plus de produits en Haute-Savoie

Mais il a, à Annecy, un centre de recherche et développement et de design, qui travaille pour tout le groupe Amer. Ce site emploie 700 personnes (19 nationalités) sur les 10 000 salariés du groupe, qui possède aussi la marque de tennis Wilson, les skis Atomic ou les vêtements Arc’teryx. 

Les usines de skis, elles, sont en Autriche et en Bulgarie. Les autres produits viennent surtout d’Asie. La seule usine de skis qui reste donc en France aujourd’hui est celle d’un concurrent, le groupe Rossignol-Dynastar, à Sallanches. 

Salomon redémarrera-t-il un jour la production en France? Jean-Marc Pambet nous a confié qu’il y a un projet, parce que l’entreprise a conscience de sa responsabilité environnementale mais aussi sociale, mais il n'est pas daté. Espérons qu’Anta, l’actionnaire chinois s’en souviendra. 

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