Tout à l’heure, le Parlement européen va se prononcer sur la nomination du nouveau directeur général d’une institution méconnue mais cruciale, l’Agence bancaire européenne.

Le logo de l’Autorité bancaire européenne (EBA)
Le logo de l’Autorité bancaire européenne (EBA) © AFP / Alice Dore

L’Agence bancaire européenne, c’est une des institutions créées après la grande crise financière de 2008. On l’appelle EBA dans le sabir bruxellois et elle a pour mission de s’assurer que les banques ne font pas n’importe quoi, qu’elles ne prennent pas de risques fous, qu’elles ne vont pas s’effondrer à la première crise venue. 

Bref, le rôle du nouveau patron de l’EBA sera de s’assurer que les  banques ne répètent pas tout ce qu’elles ont déjà fait par le passé

Le problème, c’est justement le passé de l’Irlandais pressenti à ce poste

Gerry Cross travaille depuis quatre ans pour le régulateur bancaire de son pays. Jusque-là, normal. Mais auparavant, le même Gerry Cross a été payé durant sept ans pour deux des plus importants lobbies du secteur financier, à Washington et Bruxelles. En gros, l’homme qui va être chargé de surveiller les banques a passé sept années de sa vie à travailler pour que la surveillance des banques soit la plus lâche possible.

Mais au moins il connaît les banques de l’intérieur. Un repenti, c’est précieux. 

C’est vrai, on peut voir les choses comme ça. Le problème, c’est que de tels passages du public au privé, du privé au public, ou du privé au public puis retour au privé, sont monnaie courante à Bruxelles. Il y a même une expression pour ça : les revolving doors, vous savez ces portes tournantes à l’entrée des grands hôtels. Et la multiplication des conflits d’intérêts ne peut que miner la confiance de tout un chacun dans les institutions. Comment être sûr par exemple qu’un régulateur bancaire ne va pas être trop souple avec des entreprises qui peuvent devenir son futur employeur ?  

Ce n’est d’ailleurs pas le premier scandale du genre à l’EBA. Car savez-vous ce qu’est devenu le précédent directeur général de l’autorité bancaire ? Eh bien il est devenu le patron de l’AFME, le lobby des grandes banques d’affaires. Il a rejoint les 1 700 personnes employées par le secteur financier à Bruxelles pour défendre ses intérêts. Soit trois lobbyistes pour un fonctionnaire travaillant sur ces questions.

Et puis l’EBA, en plus d’un directeur général, a aussi un président. C’est un Espagnol et devinez pour qui il travaillait avant ? Pour Santander, la banque espagnole. Son poste ? Patron du lobbying.

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