Le groupe de distribution Lidl voudrait reprendre une soixantaine de magasins de La Halle, qui est en redressement judiciaire. L’habillement va mal, mais chez Lidl, ça va plutôt bien.

Comme dirait Olivier Dauvers, un consultant spécialisé dans la grande distribution: “Lidl a un modèle qui marche bien, il attire les clients, il ne lui manque que les magasins pour en avoir encore plus”. 

Des magasins, en France, il en a déjà plus de 1500, desservis par 25 plateformes logistiques.  Une nouvelle plateforme va d’ailleurs être créée à Lacq, en Pyrénées-Atlantique, avec 300 recrutements. L’entreprise a 30 000 salariés. 

L’arrivée de Lidl en France est assez récente: 1989. En trente ans, la marque a pris presque 7 % de part de marché. Leclerc, le numéro un, c’est 22%. Alors que les hypers ont perdu du terrain pendant le confinement, Lidl en a gagné. C’est d’ailleurs une des rares enseignes dans ce cas, avec Intermarché et Système U. 

Qui a-t-il de particulier dans son modèle ? 

Ca reste une entreprise familiale allemande. Elle a été créée dans les années 30 par la famille Schwartz. Elle s’est lancée dans les prix cassés, le “hard discount”, comme on dit, dans les années 70. 

Son modèle, au départ, c’était de casser les prix, avec des magasins austères - les fameuses palettes posées à même le sol- et surtout sans produits de marque. Mais dans les années 2010, ses concurrents français ont aussi baissé les prix avec leurs marques maison. Lidl a dû s’adapter. 

Les magasins sont devenus plus accueillants, avec des marques nationales et des produits frais. Sur le frais, Lidl a d’ailleurs été pionnier des “contrats tri-partites”, dans lesquels ses fournisseurs, les industriels de l’agro-alimentaire  - les Bigard, Lactalis...- s’engagent sur le revenu de l’agriculteur ou de l’éleveur. 

Mais ce sont surtout les promos qui font parler de Lidl… 

On a vu, c’est vrai, des scènes incroyables: la police obligée de disperser des jeunes devant un Lidl le jour de la vente de consoles de jeux PS4 à 95 euros (un tiers du prix habituel). Il y a un an, c’était un robot-cuiseur, type Thermomix, qui provoquait des bousculades. Pour la rentrée, un piano Colmann, la marque de Saint-Dizier, est annoncé à 449 euros. 

Comment Lidl arrive-t-il à ces prix ? Sur la PS4 c’était un déstockage. La vente à perte était possible car la PS5 arrive bientôt. Sur le robot, c’était une énorme commande, un coup  préparé longtemps à l’avance, avec un fournisseur chinois.  

Pendant le confinement, les promos - en particulier sur l’alimentation - se sont faites plus rares:  17% de moins selon l’institut Kantar. Mais de nouveau, les consommateurs se montrent plus attentifs aux prix, recherchent la bonne affaire avant d’acheter. Et ça, c’est bon pour Lidl, qui se verrait bien avec 60 magasins supplémentaires. 

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