Une enquête très intéressante de l'Université de New York, à laquelle 738 économistes ont répondu, vient éclairer d’un jour très intéressant les débats sur la loi Climat et Résilience qui ont commencé à l’Assemblée. La Banque de France se dote d'un Centre sur le réchauffement climatique.

738 économistes sur le climat alertent de nouveau
738 économistes sur le climat alertent de nouveau © Getty / Witthaya Prasongsin

Elle nous vient des Etats-Unis, de l’Université de New York, de l’Institute for Policy Integrity. Un questionnaire a été envoyé à plus de 2 000 économistes, tous ceux qui ont publié un article concernant l’environnement dans une revue scientifique reconnue par la profession. 

C’est la troisième édition de cette enquête. La première a eu lieu en 2005, la deuxième en 2015, la troisième cette année. Et le sentiment des économistes a évolué de manière spectaculaire. 

Il y a six ans, ils étaient la moitié à dire qu’une action "rapide et radicale" pour contrecarrer le réchauffement climatique était nécessaire. Ils sont aujourd’hui 74%, les trois quarts. Et leur estimation du coût des dégâts à venir a explosé. Les investissements nécessaires pour changer de modèle ne sont donc rien à côté de ce que coûteraient le ralentissement de la croissance et l’explosion des inégalités. 

Pourquoi cette enquête est-elle si importante ? 

Parce qu’elle tombe à pic. Pour le débat parlementaire français, mais surtout parce que Joe Biden a demandé à son équipe de revoir les modèles économiques sur lesquels les décisions du gouvernement américain en matière d’environnement sont prises. 

Or ce que les économistes disent, c’est que ces modèles ne sont pas justes. Ils minimisent le coût économique, pour une raison simple : ils valorisent un euro (ou un dollar) en 2040 ou 2050 beaucoup moins qu’un euro (ou un dollar) aujourd’hui. Ils utilisent un mauvais taux d’actualisation. Cela doit être changé.  

Les modèles doivent aussi être revus pour prendre en compte un phénomène positif : la baisse du coût des énergies renouvelables, solaire et éolienne. Elle va se poursuivre, estiment les économistes. Ce qui facilite le changement de modèle. C’est donc toute l’analyse coût-bénéfice de l’action contre le changement climatique aux Etats-Unis qui va être revue. 

En France aussi, il faut revoir ces modèles ?

D’après l’économiste Aurélien Saussay, chercheur à la London School of Economics, qui a participé à l’enquête, on n’a pas le même problème. Le diagnostic est plutôt bien fait. 

Et d’ailleurs, on continue. Ce matin, la Banque de France annonce l’ouverture d’un Centre sur le changement climatique. Si la transition énergétique n’est pas maîtrisée, cela aura un effet sur les prix et sur la stabilité du système financier. Elle veut donc être à la pointe et peser sur ses sujets. 

Tout cela Aurélien Saussay le salue. Le problème, hélas, c’est que les réponses, quinquennat après quinquennat, ne parviennent pas à être à la hauteur. Nos modes de vie, notre industrie ne changent pas suffisamment vite. Et on n’investit pas assez. Même dans le plan de relance. 

Trouvez ici les références de l’étude (en anglais)

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