Il est de plus en plus fréquent de faire appel à l’intelligence artificielle pour recruter. Hilton ou Unilever le font par exemple.

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Portrait © Getty / Patra Kongsirimongkolchai / EyeEm

Il y a derrière cela des techniques déjà banales. Par exemple le tri de CV par un algorithme : vous lui dites que vous cherchez un candidat avec telle formation, telles compétences, et il les sélectionne. Sur un site comme LinkedIn, le grand réseau social professionnel, l’algorithme fait aussi remonter à chaque membre des offres d’emploi qui correspondent à son profil. Le résultat est inégal mais pas si mal. 

On franchit une nouvelle étape avec la vidéo.

L'algorithme sélectionne votre CV puis vous demande d’enregistrer un entretien vidéo. Vous vous connectez à une plateforme en ligne pour répondre à cinq ou six questions. Personne ne vous regarde, aucun humain, c’est l’intelligence artificielle qui s’en charge. Comment ça marche ? Comment intervient-elle ? Et bien, elle analyse toutes les données qu’elle peut tirer de la vidéo pour attribuer une note à chaque candidat

Une journaliste de L’Obs, Mahaut Landaz, a enquêté sur les critères utilisés par deux start-up, le pionnier américain HireVue, et une jeune pousse française, EasyRecrue. Elles mélangent en fait trois types d’approche :

  1. L’analyse du vocabulaire du candidat. Combien de mots utilise-t-il ? Sont-ils variés, compliqués ? Dit-il plutôt “je” ou “nous”, utilise-t-il des verbes d’action ou des verbes passifs? 

  2. Un deuxième logiciel se concentre sur la “prosodie”, c’est-à-dire les variations dans le rythme et l’intensité de la voix. Un commercial doit parler vite, pour accrocher le client, mais pas trop, sinon on ne le comprend pas. 

  3. Un troisième logiciel, utilisé seulement par l’entreprise américaine, analyse les micro-expressions du visage pour déterminer les émotions du candidat. 

Une fois qu’ils ont toutes ces données, que font les logiciels et surtout que font les recruteurs ? 

Et bien ça dépend. L’américain HireVue propose aux entreprises de filmer leurs meilleurs salariés et demande à l’intelligence artificielle de sélectionner les candidats qui s’en rapprochent le plus. Vous pouvez ainsi “cloner” vos meilleurs éléments. Le Français EasyRecrue, lui, fait un classement des candidats en fonction de leur motivation, de leur force de conviction, de leur confiance en eux, mais son fondateur recommande tout de même aux recruteurs de regarder les vidéos.  

Dans les deux cas, le risque, évidemment, c’est d’être éliminé par un robot. Mais on peut se consoler en se disant que le recruteur teste davantage de candidatures donc on a plus de chance d’être retenu… A voir. Mais je sens que vous regrettez déjà le facteur humain…   Vous pouvez aussi retrouver sur le site de L’Obs l’explication de ce phénomène, en vidéo, par Mahaut Landaz.

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