Cette semaine est très importante pour Airbus : on va bientôt savoir si Donald Trump a le droit de taxer les avions européens à 100%

Un Airbus 350 d'Air France
Un Airbus 350 d'Air France © AFP / Pascal Pavini

On parle là d’une histoire ancienne : la procédure date de 2004. 

La plainte ouverte par Washington accusait les Etats européens de subventionner Airbus au détriment de Boeing. Au même moment, les Européens avaient contre-attaqué en accusant les USA de subventionner Boeing.

L’organisme qui instruit ces deux plaintes, c’est l’Organisation mondiale du commerce, l’OMC, basée à Genève. Manque de chance pour les Européens, le dossier américain a été bouclé plus vite que le leur.

Le résultat de la plainte de Bruxelles, lui, ne sera connu qu’au début de l’année prochaine. On devrait en revanche avoir le verdict sur la plainte américaine aujourd’hui ou demain, en tout cas cette semaine.

Mais il n’y a pas trop de suspense : on sait que Washington a obtenu gain de cause. 

En guise de réparation, les USA pourront imposer entre entre 5 et 10 milliards de dollars de taxes aux produits européens de leur choix rentrant chez eux. Pas seulement les avions, donc. Un record dans l’histoire de l’OMC.

Donald Trump a déjà préparé sa liste : l’huile d’olive, plusieurs fromages, les vins, les vêtements de ski, même les pinceaux, les hélicos et les Airbus… Pas seulement les avions qui sortent des usines européennes mais aussi ceux qui sont assemblés à Mobile (Alabama).

Les compagnies aériennes américaines, elles, ne sont pas contentes du tout. Elles ont besoin des Airbus qu’elles ont commandés, moins gourmands en carburants, transportant plus de passagers…  Les Boeing 737 max, eux, sont toujours cloués au sol, pour raisons de sécurité. Mais payer le double du prix, ce n'est pas possible… Un Airbus A320 coûte 100 millions… un A350, 300 millions de dollars tout de même.  

Vont-elles réussir à convaincre Donald Trump, alors ?

Peut-être. Elles rappellent à la Maison Blanche qu’Airbus ne sera pas trop pénalisé car ses carnets de commandes sont pleins : 7 000 avions commandés dont 900 “seulement” par des compagnies américaines. Les cent avions destinés chaque année aux Américains seront donc cédés à d’autres compagnies, parfois concurrentes…

Et puis Bruxelles finira par avoir aussi gain de cause à l’OMC et pourra à son tour taxer les produits américains. Or Boeing vend un avion sur cinq en Europe.

« C’est comme une guerre nucléaire », écrit Vincent Lamigeon dans Challenges. Chacun a trop à perdre donc le pire n’est pas sûr. 

Il faudrait se mettre autour d’une table pour trouver un accord sur le niveau d’aide acceptable. Là Airbus, qui assure n’avoir presque plus d’aide publique sauf pour la recherche et développement, se sent plus fort que Boeing, ce qui doit agacer Trump.

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