Le tribunal de commerce de Marseille doit se pencher aujourd’hui sur le sort d’Alinea. L’enseigne de meubles et d’objets de décoration a été placée en redressement judiciaire au début du confinement. Son actuel dirigeant et actionnaire Alexis Mulliez présente la seule offre de reprise.

Alinea, les Mulliez au pied du mur
Alinea, les Mulliez au pied du mur © AFP / MATTHIEU RONDEL / HANS LUCAS

Une offre de reprise du distributeur de meubles et d'objets de décoration Alinéa sera présentée aujourd’hui au tribunal de commerce. Il dira s’il l’accepte ou pas dans quinze jours, mais le mot d’ordre est clairement de préserver l’emploi, pas de liquider. Alinéa compte 1900 salariés. 

L’offre qui est sur la table ne les reprendra pas tous: seulement une petite moitié des emplois. Sur 26 magasins Alinéa,  9 seront sauvés, ceux situés dans la moitié sud de la France, plus ceux d’Herblay dans le Val-d’Oise et de Nancy en Meurthe-et-Moselle. Le groupe se séparera donc de 1000 salariés. 

Ils ne seront peut-être pas tous sur le carreau. Car Alinéa a une spécificité: son dirigeant s’appelle Alexis Mulliez. Il fait donc partie de la grande famille qui a créé Auchan, Decathlon, Leroy Merlin… et qui s’engage à ouvrir aux salariés d’Alinéa les 650 offres à pourvoir dans ses entreprises. 

Mais que vient faire un Mulliez devant le tribunal de commerce ? 

La famille Mulliez, c’est la sixième fortune de France selon le magazine Challenges. Elle ne pouvait pas faire autrement ? 

C’est vrai que ça fait désordre, d’autant qu’une autre société de leur galaxie, Phildar, est dans le même cas. Et cela pose beaucoup de questions. Les Mulliez, par exemple, ne profitent-ils pas du Covid et d’un changement tout récent de la procédure sur les faillites, pour mettre de l’ordre dans leur affaires ? 

Depuis le moi de mai, une ordonnance permet en effet au dirigeant d’une entreprise de déposer le bilan puis de la reprendre à la barre du tribunal débarrassée de ses dettes, de ses activités les moins rentables et d’une partie de ses salariés…

Avant le Covid, c’était impossible, sauf exception et demande expresse du Parquet. On peut donc se demander si les Mulliez n’abusent pas, s’ils ne font pas payer par la collectivité - par nous, donc - le plan social d’un Alinéa qui n’a jamais réussi à s’imposer face à Ikea. 

Et alors ? 

Dans le courant du mois d’août, la direction d’Alinéa, a promis qu’elle rembourserait l’organisme qui paie les plans sociaux en cas de faillite, et, sous pression des syndicats, elle a mis 10 millions d’euros sur la table pour l’indemnisation des départs. 

Alinéa s’était déjà désendettée en cédant  les murs de ses magasins à une filiale immobilière d’Auchan. En revanche les fournisseurs d’Alinéa risquent d’en être pour leurs frais. En même temps, ils n’ont pas le choix, l’offre d’Alexis Mulliez est la seule à proposer de poursuivre l’activité. Sans elle, elle s’arrêterait complètement. 

==> Pour en savoir plus, l’article de Morgane Bertrand sur le site de L’Obs

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.