C’est partout l’heure des bilans, puisqu’on va changer d’année et même de décennie. Dans le monde économique, l’action qui a le plus progressé au cours de la décennie 2010 est celle de Netflix.

Netflix
Netflix © Getty / SOPA Images

L’action de la plateforme de diffusion de séries et de films Netflix a progressé de 4100 % en dix ans. En clair si vous avez investi 100 euros en actions Netflix fin 2009, vous auriez aujourd’hui 4200 euros, 42 fois plus. 

C’est la plus forte hausse de l’indice boursier américain S&P 500, dont la valeur a triplé. Netflix a fait bien mieux que Disney par exemple dont le cours a été multiplié par cinq. 

En France, sur la même période, les stars du CAC 40 comme Safran, LVMH ou Kering sont très loin de la bombe Netflix. Même Sartorius, la start-up de biotech championne du SBF 120, est bien derrière.  

Netflix, le casse de la décennie

Rappelons qu’en 1997, Netflix n’était qu’un loueur de DVD par abonnement aux États-Unis. En 2007, il a démarré la vidéo en ligne. À partir de 2013, il a explosé avec la série politique House of Cards

Netflix a 166 millions d’abonnés à travers le monde, dont plus de 5 millions en France. Ils sont nombreux et fidèles, avec le plus faible taux de résiliation du secteur. La plateforme mobilise aujourd’hui 13% du trafic Internet mondial et jusqu’à 22% en France.

Alors pourquoi le casse du siècle ? Parce que le temps que nous passons devant Netflix est pris au cinéma, aux chaînes de télé, en particulier aux chaînes payantes comme Canal . Aux États-Unis, tout le secteur a dû se réorganiser à coup de fusions. Disney a absorbé les studios Fox, Marvel et ceux de Star Wars ; le groupe de télécom AT&T a avalé Time Warner HBO. 

Un marché de plus en plus disputé

Ces derniers mois, c’est vrai, son cours de Bourse est plus chaotique. Amazon Prime Video, Hulu, HBO, myCanal, Youtube lui disputent son marché et à cet automne, Disney et Apple TV sont entrés dans la danse.  D’autres se préparent. Une double bataille est en cours : pour les contenus, dont les prix augmentent, et pour les abonnés dont le budget n’est pas illimité. 

Et puis les gouvernements commencent à réagir à la puissance des GAFA. En France, il est à la fois question de les taxer et de les faire davantage contribuer au financement de la création d'œuvres françaises, en fonction de leur chiffre d’affaires.  

Alors rendez-vous fin janvier, quand Netflix publiera ses résultats annuels, pour mesurer sa résistance...

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