Il y a encore quelques semaines, avant qu’on soit dans la lessiveuse de l’épidémie, on se battait sur une dizaine de milliards d’euros à trouver pour équilibrer les régimes de retraite... Et tout à coup, on trouve tout l’argent qu’il faut pour sauver l’économie. Quel changement !

Le siège de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort-sur-le-Main, Allemagne
Le siège de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort-sur-le-Main, Allemagne © AFP / Daniel Roland

Oui nécessité fait loi. L’urgence c’est de mettre notre économie sous perfusion d’argent tant que nous sommes confinés. Et il y a vraiment un consensus mondial pour que ce soit le cas.

On peut le faire, parce que les banques centrales en ont pris la décision. En Europe, la Banque Centrale Européenne s’est réunie en urgence, en téléconférence il y a deux semaines, mercredi 18 mars, et a rassuré tout le monde: elle rachètera 750 milliards d’euros de dette, plus de 6% de la valeur des économies de la zone euro. 

Les Etats et les banques peuvent donc soutenir les entreprises, financer le chômage partiel, dont la facture augmente tous les jours, et la Banque centrale européenne achètera leurs dettes si besoin. Il y a aussi beaucoup d’épargne en Europe. En Allemagne en particulier. 

Il faudra rembourser cette dette, après la crise  

Certes, mais tant que les taux auxquels les Etats empruntent sont à zéro ou proches de zéro,  ce n’est pas très grave. La dette de la France qui est à 100% du PIB, passera à 110% et au fond, ça ne changera pas grand chose. 

On s’endettera pas cher pour rembourser les emprunts qui arrivent à échéance. Tant que la croissance ne sera pas repartie, les taux d’intérêt, a priori, ne remonteront pas. Et s’ils remontent, la Banque centrale achètera des dettes pour les faire baisser de nouveau.  

Les difficultés commenceront quand la machine économique repartira à plein régime. Là, on ne pourra plus empêcher les taux de monter. Ce sera très tendu. Mais on verra sans doute en même temps un retour de l’inflation. 

L’inflation, une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

Ca dépend pour qui. L’inflation, ce sont les prix qui montent. Quand les prix montent, les impôts, les recettes de TVA par exemple, augmentent aussi. Donc l’Etat a plus d’argent pour rembourser ses vieilles dettes, qui, elles, valent toujours la même chose. 

Les salariés eux négocieront des hausses de salaires. Dans ce cas là, les perdants sont ceux qui ont prêté de l’argent à l’Etat, souvent sans le savoir, c’est-à-dire ceux qui ont des contrats d’assurance-vie, les épargnants. Un peu d’inflation, c’est donc un moindre mal, ça efface les dettes, mais trop, ça peut devenir dangereux. 

Il y a de toute façon un point irrésolu : le président de la République a promis un grand plan pour l’hôpital et un autre pour la dépendance. Et, ça, à ce jour, personne ne sait comment on le finance. Un emprunt obligatoire, une tranche supplémentaires d'impôt sur le revenu, un impôt sur la fortune exceptionnel. Ce sera un débat pour après. 

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