Se faire livrer ses courses en dix à quinze minutes lorsqu’on habite dans une grande ville: c’est possible. C’est ce que promettent une dizaine de start up, comme Cajoo, qui ont convaincu investisseurs et distributeurs d'investir beaucoup d’argent…

Les courses livrées rapido, une nouvelle tendance de la distribution
Les courses livrées rapido, une nouvelle tendance de la distribution © Getty / Andrew Holt

Carrefour croit tellement à ce nouveau besoin des consommateurs - les courses en 15 minutes chrono-  que le groupe a pris une participation dans le capital de cette jeune entreprise, avec un groupe d’investisseurs.

Les trois fondateurs de Cajoo ont donc 34 millions d'euros pour accélérer leur développement. 

C’est à la fois beaucoup d’argent et pas tant que cela, car on recense une dizaine de start up sur ce créneau de la livraison rapide en Europe. Au total, elles ont levé 3 milliards 3 et chacune veut réussir à tuer ses concurrents.  

Je vous en cite quelques unes. A côté de Cajoo, il y a Gorillas, Dija, Flink, Jokr, Zapp, Getir, Yando… Les deux dernières sont turque et russe. Toutes ne survivront pas et la bataille va être épique. 

Vous êtes certaine qu’on a besoin d’une livraison en dix minutes dans les grandes villes alors qu’il y a des supérettes partout au pied des immeubles… 

C’est vrai. A Paris, il y a un Franprix tous les 350 mètres par exemple. Dans L’Obs, on a essayé de comprendre en recueillant des témoignages de clients. 

Pour les jeunes urbains, se faire livrer en dix minutes, c’est à la fois normal et cool, surtout quand on enchaîne les visio conférences. . 

L’un d’eux nous dit se lever le matin, commander une baguette sur son appli et la récupérer “en sortant de sa douche” pour son petit dej. 

Un autre assure qu’il a pris l’habitude de cette livraison rapide des petites courses, pendant le confinement, pour éviter de faire la queue pendant son heure de sortie. Il continue depuis. 

Visiblement ils ne sont pas les seuls. La livraison de courses à domicile progresse de plus de 20% ces derniers mois, selonl’Institut Nielsen. 

Mais comment peut-on livrer un assortiment de produits en si peu de temps  ? 

C’est un système un peu fou. Il faut ouvrir ce qu’on appelle des Dark stores, des boutiques fantômes, sans vitrine, remplis d’étagères, où l’on peut préparer les livraisons à toute vitesse, qui desservent un rayon de 2 kilomètres, soit, à Paris 150 000 clients potentiels.  

Puis il faut livrer vite. A deux euros la livraison, on peut se poser la question du salaire des  livreurs et de leur statut. 

Pour essayer d’emporter le marché, ces start ups sont prêtes à perdre de l’argent au début. Le risque c’est qu’au passage, elles mettent par terre la rentabilité des supérettes, déjà très juste. Pour l'instant, tout cela ressemble à une course pas très vertueuse. 

On peut retrouver l’article de Morgane Bertrand sur ce sujet dans L’Obs cette semaine 

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Et qu’y a-t-il à la Une ? 

Nos années Belmondo, un bel hommage, avec les confidences d’Alain Delon. Et un gros dossier sur l’Amérique, vingt ans après le 11 septembre.