Après le service client, Amazon peut-il améliorer la qualité de vie de ses employés ? Une enquête du New York Times dénonce la numérisation de la gestion des RH. En France, ce sont les commerçants qui pestent contre le géant.

Comment Amazon a numérisé sa gestion des ressources humaines ? Ici l'entrepôt de Bretigny
Comment Amazon a numérisé sa gestion des ressources humaines ? Ici l'entrepôt de Bretigny © Maxppp / Vincent Isore

Commençons par la France. Le ministère de l’économie a communiqué hier quelques chiffres sur la consommation, en s’appuyant sur les données des cartes bancaires. 

La reprise est bien là : depuis trois semaines nous dépensons près de 15% de plus qu’avant le Covid en 2019. 

Les commerçants veulent donc en profiter. Et ils sont furieux qu’Amazon ait fixé la date de sa grande braderie, les "Prime days" aux 21 et 22 juin, alors que les soldes ont été décalées d’une semaine au 30 juin. Mais impossible de discuter du sujet avec Amazon France, car c’est le siège qui décide de cette opération dans 20 pays pas le dirigeant français.

Aux Etats-Unis, c’est un autre dialogue de sourd qui fait parler d’Amazon mais cette fois dans la gestion des ressources humaines… 

C’est un reportage édifiant du New York Times qui raconte en détail les pratiques de gestion du personnel de JFK8, l'immense entrepôt qui permet de livrer New York et sa région. 

Il est grand comme 15 terrains de foot.  Pour gérer les emplois du temps, avoir les bonnes personnes au bon endroit, l’équipe des ressources humaines se repose sur des algorithmes. 

200 salariés ou anciens interrogés par le journal, racontent que la communication avec leur employeur passe par un système de boîte vocale, de robot conversationnel, de messageries. 

Ca doit donner des situation kafkaïennes… 

Oui. Un salarié apprécié et qui apprécie l’entreprise a dû s’arrêter pour cause de Covid. Il  veut revenir travailler mais impossible de trouver un interlocuteur. 

Un autre, handicapé par un Covid grave, avec séquelles neurologiques, ne peut plus revenir. Il a commencé à toucher les indemnités d’invalidité prévues dans son contrat, mais du jour au lendemain, elles se sont arrêtées et il a commencé à recevoir des messages lui demandant de reprendre son poste. Son épouse a réussi à rétablir les indemnités, mais les messages de convocation continuent…sans recours.

Cela se passerait peut-être mieux s’il y avait des syndicats -il y en a chez Amazon France- mais aux Etats-Unis, les salariés ont voté contre leur création. Jeff Bezos a tout de même concédé récemment qu’il avait été trop obsédé par le service client et pas assez par le bien-être des employés. Il était temps.