Dans un communiqué, l'armateur marseillais CMA-CGM a annoncé un gel du prix du transport maritime en porte-conteneurs, jusqu’au au 1er février de l‘an prochain (2022). Les prix ont été multiplié par plus de 7 depuis un an.

Siège de la CMA CGM à Marseille
Siège de la CMA CGM à Marseille © AFP / Ludovic MARIN

En gelant le taux de fret "spot" jusqu'au 1er février, CMA CGM a pris une décision historique. Depuis qu’il existe, le tarif du transport de conteneurs est fixé en fonction de l’offre et de la demande. C’est la première fois qu’un groupe y déroge. 

Alors oui c’est une bonne nouvelle. Il fallait un coup d’arrêt à la hausse. Car le prix pour transporter un conteneur d’Asie en Europe, de Shanghai au Havre par exemple, est passé de 1000 dollars avant la pandémie à 7500 dollars aujourd’hui.

La moins bonne nouvelle c’est que les prix vont rester à ce niveau très élevé encore un moment. Car on manque de bateaux, de conteneurs et de capacités portuaires. Des retards de livraison coûteux pour les entreprises sont encore à venir. Cela désorganise toutes les chaînes de production et de distribution. Avec des risques de pénuries dans les rayons. 

Toutes les entreprises subissent ces coûts supplémentaires ?

Oui, toutes paient plus cher le transport, mais pas forcément dans cette ampleur. Le marché qui s’enflamme, c’est le marché “spot”, celui des conteneurs que l’on réserve pour expédier des produits à la dernière minute. C’est 15% du marché. 

Or la plupart des grandes entreprises signent des contrats annuels avec leurs transporteurs, à des prix moins excessifs. 

On peut se demander pourquoi CMA CGM se prive des recettes que l’envolée des prix lui offre sur un plateau. Ce groupe familial - propriété de la famille Saadé- veut être raisonnable vis-à-vis de ses clients. Ses recettes augmentent déjà de 90%, alors que les volumes transportés sont en hausse de 20%. C’est une bonne marge. 

Et pourquoi n’y a-t-il pas de retour à la normale dans le transport maritime ? 

La reprise économique est forte alors que la pandémie perturbe toujours le trafic. En juin, un docker a été testé positif dans le port de Yantian, au sud de la Chine: il a été fermé deux semaines. Puis ce sont les ports vietnamiens qui ont fermé. Puis de nouveau un port chinois, celui de Ningbo, au nord de Shanghai. 

Lorsque le trafic repart, à cadence soutenue, un embouteillage se forme dans les ports occidentaux. A Los Angeles où 40 navires sont à l’ancre et peuvent attendre dix jours pour être déchargés. 

Surtout c’est le moment de l’année le plus chargé pour le transport maritime. Celui où l’occident se fait livrer les marchandises en prévision des fêtes de fin d’année. Et où les industriels accélèrent les commandes pour ne pas manquer de pièces quand la Chine prendra ses vacances, au moment du Nouvel an chinois. Pas d'accalmie attendue du trafic avant février donc.