Il y a des perturbations sur le réseau transilien et la SNCF recommande aux personnes ayant prévu de se déplacer aujourd’hui en Ile-de-France de reporter si possible leur voyage et bien sûr de privilégier le télétravail. C’est le retour des grèves.

Le retour de la grève. Ici en janvier 2020, manifestation contre le changement de régime de retraite à la SNCF
Le retour de la grève. Ici en janvier 2020, manifestation contre le changement de régime de retraite à la SNCF © Getty / Antoine Gyori/Corbis

Oui, c’est le retour des grèves - on l’a vu la semaine dernière dans les Aéroports et dans les piscines parisiennes- et ça marque l’agenda de la semaine qui commence. Aujourd’hui, débrayage de certains conducteurs de trains en Ile-de-France. Suivi d’un appel national à la grève de la CGT le 1er juillet. 

Demain : grève des salariés de Stellantis (le groupe PSA - Fiat) à Sochaux. La CGT Métallurgie appelle aussi à manifester devant l’usine Renault de Flins, dans les Yvelines. 

Demain également, la CGT, de l’énergie cette fois, défilera à Paris contre le projet de réforme d’EDF, en cours de discussion avec la Commission européenne. Dans cette manif, il y aura aussi des salariés d’Engie, qui réclament un grand service public de l’énergie. 

Et jeudi, il faut s’attendre à un débrayage chez SFR, à l’appel de l’intersyndicale CFDT, CFTC, Unsa. 

Comment expliquer tous ces mouvements ? 

Ils viennent gâcher la fête du déconfinement, c’est sûr, et ils vont agacer les commerçants ou les salariés qui commencent tout juste à reprendre leurs marques. 

Mais les perturbations devraient être relatives. 

Dans les aéroports, on a vu qu’il y avait une forme de service minimum et le télétravail est devenu une antidote aux grèves des transports. 

Cela dit, le message est clair: la CGT et les syndicats contestataires rappellent qu’il faut compter avec eux et ne pas leur dire qu’il n’y a pas de marge de manœuvre, pas d’alternative au découpage d’EDF ou à la baisse drastique des coûts, chez ADP. 

C’est l’effet boomerang du quoi qu’il en coûte. Pas facile à gérer… C’est aussi un message aux ministres qui agitent la réforme des retraites. 

Est-ce que ça annonce un été chaud ou une rentrée sociale difficile ? 

Il va falloir un dialogue, c’est sûr. J’ai interrogé hier Vincent Balouet, qui dirige le cabinet de conseil en gestion de risques Maîtrise des crises. Pour lui, “c’est un ballon d’essai qu’il ne faut pas prendre à la légère”

Si le télétravail joue le rôle d’édredon face aux grèves, il redoute des initiatives ciblées plus radicales, comme des blocages de site… 

Il recommande une grande vigilance, car la rentrée s’annonce difficile: les experts anticipent une hausse du prix de l’essence en fin d’année, qui pourrait aussi raviver le mouvement des Gilets jaunes. A moins que le variant Delta du Covid n’écrase tous les autres problèmes. 

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