Six cents maires et élus municipaux sont attendus aujourd’hui et demain à la Cité fertile de Pantin pour assister à l’Université d’été du centre-ville et du commerce. C’est une première.

Centre-ville de Sarlat la Caneda
Centre-ville de Sarlat la Caneda © Getty / Fraser Hall

Oui, c’est un événement organisé par le Réseau Centre-ville en mouvement. Il a pour objectif d’aider les maires à revitaliser le cœur de leur bourgade, alors que les zones commerciales en périphérie en ont souvent détourné l’activité.

Ce réseau a été créé il y a quinze ans par un restaurateur, Pierre Creuzet.  De nombreux maires l’ont rejoint d’abord pour tirer la sonnette d’alarme sur le développement excessif des zones commerciales. Et ils échangent leurs bonnes pratiques pour revitaliser les centres historiques. 

Au début de son quinquennat, Emmanuel Macron les a entendus et soutenus en lançant le programme Action Cœur de Ville qui aide financièrement les villes petites et moyennes dans cette démarche de revitalisation. 

Quelles sont les bonnes pratiques dont ils vont parler tout-à-l’heure ? 

La grande tendance c’est la vente de produits maraîchers en circuit court. Les marchés gourmands, aussi, où l’on peut déjeuner le week-end après avoir fait ses courses. A Dijon, par exemple, le maire a rouvert les Halles le dimanche pour que les restaurateurs y proposent un brunch, d’avril à septembre. Et ça cartonne depuis six ans. 

Il sera aussi question du Salon de la franchise. Le Réseau Centre ville en mouvement y aura un pavillon, pour montrer aux entrepreneurs où les commerces manquent. Les maires parleront aussi culture : comment la faire revenir en ville. Avec des exemples : des musiciens jouent aux fenêtres pour un nouveau festival à Libourne, les commerçants exposent des œuvres d’art à Saint-Lô. La photo, comme à Arles ou La Gacilly, est très tendance. 

Une fresque au sol ou des pavés colorés mettent en valeur la piétonisation à Sens ou à Reims. Piétonisation, qui revient en force, après l’échec du retour en arrière de villes comme Chambéry ou Tourcoing. Il sera aussi beaucoup question de terrasses, gros succès du déconfinement. 

Quel a été l’effet de la pandémie sur les centres villes ? 

A la fois très pénalisant pour l’activité des commerçants, et très bénéfique, car elle a joué le rôle de révélateur. Elle a montré que trop peu de commerces étaient organisés pour vendre ou communiquer en ligne. Et que trop peu de mairies étaient équipées pour les soutenir et faire le lien entre commerces et citoyens. 

C’est le grand défi. Les villes recrutent donc des conseillers numériques, avec l’aide financière de l’Etat. Châteauroux et son agglomération en ont déjà trois. Saint-Maur a créé une maison du numérique.

Le confinement a aussi fait prendre conscience aux consommateurs qu’ils avaient besoin des magasins de proximité, essentiels ou pas. Neuf Français sur dix considèrent qu'acheter à proximité est un acte citoyen. C’est beaucoup mieux que le taux de votants aux élections. Les maires l’ont entendu.