Le gouvernement, les élus locaux et le Président de la République font le point aujourd’hui sur une initiative lancée en mars 2018 : le programme Action Coeur de Ville. Certains maires demandent sa prolongation jusqu’en 2026, la fin de leur mandat. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Mairie de Denain
Mairie de Denain © AFP / Denis Charlet

C’est une très bonne question, car on parle tout de même d’un programme global à 5 milliards d’euros : 5 milliards sur 5 ans pour revitaliser les centres des villes moyennes.
Alors est-ce que ça marche ? Eh bien, la réponse est plutôt positive. On a quelques indicateurs quantitatifs: 

  • 3 milliards d’euros ont déjà été engagés 
  • 222 communes en ont bénéficié
  • Les projets sont assez bien répartis sur tout le territoire
  • plus de 11 000 logements sont rénovés ou en cours de rénovation 
  • Le prix de l’immobilier évolue bien dans les villes concernées: les ventes y ont continué à progresser en 2020 malgré le coup d'arrêt du Covid-19 et les prix sont en hausse. Ce n’est pas rien car on parle de centres villes où le mètre carré était parti dans une spirale baissière, au risque d’appauvrir les habitants. 

Qu’est ce qui se passe concrètement dans les villes concernées par le programme ? 

Le premier point, c’est qu’elles ont un projet - ce n’est pas rien d’avoir un projet - partagé par les élus de la ville et de l’agglomération et concerté avec l’Etat et avec des financeurs comme la Banque des Territoires, l’Agence pour habitat, Action logement... 

Les initiatives ensuite sont très variées :

on peut citer la rénovation des Halles à Roanne, Dax ou Limoges, le retour du cinéma en centre ville à Lunéville, Dieppe ou Denain, la valorisation des berges de rivière ou de fleuve à , Moulins ou Libourne, la réhabilitation de bâtiments historiques...

Mais ce qui fait sans doute le plus de bien au moral dans ces villes trop longtemps délaissées, c’est le traitement des friches industrielles, ces bâtiments qui rappellent à leurs habitants leur opulence passée et leur déclassement.   

On cite souvent l’exemple de l’usine de poupées GéGé à Montbrison dans la Loire, fermée depuis 40 ans. 6000 mètres à l’abandon en plein centre. Le gouvernement a créé un fonds spécifique - le fonds friche - pour viabiliser de nouveaux projets sur les sites de ce type, portés par des promoteurs privés. C’est un vrai succès.

Est-ce que ce programme réussit à freiner les ouvertures de surfaces commerciales en périphérie, qui vident les centres villes ?

C’est un sujet sensible. Car Action Cœur de Ville n’empêche pas les projets déjà lancés d’aboutir, et malheureusement, il y en a beaucoup.
Mais lorsqu’une ville est soutenue par un programme de revitalisation, le préfet peut s’opposer à de nouvelles opérations en périphérie. Cela s’est fait à Montargis, à Moulins, à Limoges, à Blois ou à Saint- Dié. C’est un début.   

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