Les Berlinois n’ont pas seulement voté pour élire leurs représentants au Parlement dimanche, ils étaient aussi consultés pour un référendum sur la spéculation immobilière: une large majorité est prête à "nationaliser" les logements pour arrêter la hausse des loyers.

les Berlinois prêts à nationaliser les logements
les Berlinois prêts à nationaliser les logements © Getty / Christophe Gateau/picture alliance

Les Berlinois ont voté, dimanche, pour les élections législatives, mais aussi pour un référendum d’initiative populaire avec une question claire : êtes vous pour ou contre la “communalisation” de 240 000 logements, c’est-à-dire leur rachat par la municipalité, une sorte de nationalisation, pour freiner la hausse des loyers. Sont visés les grands propriétaires immobiliers, les sociétés foncières, qui détiennent plus de 3000 logements. 

Et la réponse des habitants de la capitale allemande a été très claire: à plus de 56%, ils ont répondu “oui”. 

Les instituts de sondage ne l’avaient pas vu venir, même si le thème du logement a été très présent dans la campagne dans toute l’Allemagne et pas seulement à Berlin. 

C’est un vote contraignant, ce référendum ?

Juridiquement, non, mais il montre l’exaspération des habitants de Berlin face à la hausse des loyers. 84% des Berlinois sont locataires, c’est plus que les Parisiens, qui ne le sont qu’à 67%

Il faut dire qu’en dix ans, les loyers ont doublé dans la capitale berlinoise.

Il y a eu une tentative de plafonnement, mais elle a été retoquée par la Cour de Karlsruhe, le Conseil constitutionnel allemand. 

D’où cette poussée de révolte. Le retour de Karl Marx. Cela dit, même si la mairie de Berlin a déjà acheté des immeubles pour calmer la hausse des loyers, elle va tout faire pour trouver une autre solution.

Car l'achat des 240 000 logements visés par le référendum lui coûterait la bagatelle de 30 milliards  d’euros, alors qu’elle est déjà très endettée. 

Cette envolée des prix, ce n’est pas seulement un problème allemand 

Non, on le retrouve dans presque toutes les métropoles ou les villes touristiques. Les loyers à Berlin sont même deux à trois fois moins chers qu’à Paris, par exemple. 

La ministre chargée du logement Emmanuelle Wargon a donc promis qu’avant la fin de l’année, elle imposerait par décret que le plafonnement des loyers soit clairement indiqué dans les petites annonces immobilières, lorsqu’il est en place. Car, selon une association de consommateurs, la CLCV,  40% des offres à Paris ne le respectent pas.

Or le logement, c’est un sujet sensible dans toutes les campagnes électorales. Il représente en moyenne un quart des dépenses des ménages. C’est plutôt moins pour les ménages propriétaires, plus d’un sur deux. Mais cela monte à un tiers du revenu pour les locataires, voire 40% pour les ménages pauvres qui n’ont pas de logement social et sont logés dans le parc privé.