Et si les femmes étaient le fer de lance de l’action contre le changement climatique ? C’est ce que conclut une étude du think tank Terra Nova.

Les femmes pratiquent un “militantisme par la consommation”. Et elles envoient un message clair aux industriels et aux distributeurs.
Les femmes pratiquent un “militantisme par la consommation”. Et elles envoient un message clair aux industriels et aux distributeurs. © Getty / d3sign

Lors des élections européennes de 2019, les listes Europe Ecologie Les Verts ont obtenu plus de 13 % des suffrages exprimés mais 18% des femmes ont voté Verts contre 9% des hommes. 

Thierry Pech, qui dirige le think tank Terra Nova et qui co préside le Comité de gouvernance de la Convention citoyenne sur le climat, a eu envie d’en savoir plus. Que pensent vraiment les femmes sur la question climatique? Que sont-elles prêtes à faire ? Il a fait plancher l’Observatoire international Climat et Opinions publiques (Obs’Cop) sur le sujet avec IPSOS. 

Et le résultat ? 

Les femmes sont effectivement beaucoup plus sensibles que les hommes aux enjeux environnementaux. 

Leur sensibilité varie en fonction de l’âge, comme dans le reste de la population: plus on est jeune, plus on s’inquiète pour la planète. Et en fonction du revenu: les plus aisées sont plus souvent conscientes des risques.

Mais les femmes à revenus modestes restent plus sensibles à la question climatique que les hommes aisés et diplômés. 

La seule exception, ce sont les femmes ouvrières, qui  sont plus climatosceptiques que les hommes ouvriers. 

Ce qui est intéressant, c’est que les femmes agissent. 

Elles changent leur mode de vie. 62% pensent que cela a un pouvoir sur le climat contre 54% seulement chez les hommes.

La moitié des femmes a déjà boycotté un produit jugé nocif. Elles diminuent davantage leur consommation de viande. Elles écartent les suremballages. Elles pratiquent un “militantisme par la consommation”. Et elles envoient un message clair aux industriels et aux distributeurs. 

Ce comportement a toutefois une limite dans l’étude : la voiture ! 

Oui, c’est une information très intéressante pour ceux qui réfléchissent à la politique économique et environnementale : les femmes refusent tout ce qui limite leur mobilité en voiture. 

Elles sont fermées aux péages urbains, détestent l’idée qu’on interdise les véhicules thermiques en ville et encore plus qu’on taxe les déplacements.

Terra Nova note qu’elles se chargent plus souvent que les hommes des mobilités compliquées du quotidien: emmener les enfants à l’école, au sport, les courses… 

La semaine dernière le prix Nobel Jean Tirole et l’économiste Olivier Blanchard ont recommandé au président de la République de plancher sur une nouvelle version de la taxe carbone sur les carburants. Attention donc, cela reste un sujet super sensible. Y compris chez celles qui sont les plus engagées pour le climat.