La vente de cette division d'Engie, qui compte 74 000 salariés, est lancée. Les candidats à la reprise seront connus lundi. Quels sont les enjeux ?

Vente d'Equans par Engie
Vente d'Equans par Engie © Getty / Elko Hirsch/SOPA Images/LightRocket

Equans est une entreprise quasi inconnue en France, tout simplement parce que cette société n’existait pas il y a deux mois. Jusqu'à maintenant c’était tout simplement une division du groupe Engie, chargée des services aux entreprises et aux collectivités locales. 

C’est tout sauf une petite division puisqu’elle compte 74 000 salariés, dont 27 000 en France: c’est presque la moitié des effectifs d’Engie.

Le cœur d’Equans c’est deux sociétés : Axima, un spécialiste de la climatisation, de la gestion du froid et du suivi énergétique et Ineo, une entreprise de génie électrique, qui s’occupe d’équiper les villes intelligentes, en gérant l’éclairage public, la télésurveillance, la rénovation des bâtiments… 

Pourquoi Engie se sépare de cette division ?

Le groupe veut du cash, de l’argent pour investir dans les énergies renouvelables. C’est déjà pour cela qu’il vend Suez, sa filiale spécialisée dans la gestion de l’eau à Veolia et à des fonds d’investissement. C’était le grand feuilleton de la saison dernière. 

Les cessions continuent avec Endel, spécialiste de l’entretien des centrales nucléaires qui va être racheté par le groupe Altrad. Comme Endel ne gagne pas d’argent, ça ne rapportera rien à Engie. 

Les dirigeants du distributeur de gaz Jean-Pierre Clamadieu et Catherine MacGregor comptent donc beaucoup sur ce que leur rapportera Equans, à savoir autour de 5 milliards d’euros. 

Deux catégories d’acheteurs en lice  

Les acheteurs vont se découvrir d’ici lundi prochain. Mais on voit déjà deux catégories d’entreprises intéressées. Les groupes de BTP et de services Bouygues, Eiffage ou Spie, et de gros fonds d’investissement américains : Bain, Carlyle et CVC, ce dernier étant associé avec le Français PAI. Bain voit un gros potentiel de développement pour Equans aux Etats-Unis. 

Alors qui va gagner ? 

On peut pronostiquer que les fonds proposeront des prix plus élevés et jureront, pour faire oublier leur nationalité, qu’il n’y aura pas de casse sociale puisque pas de doublons d’équipes.

Les Bouygues, Spie ou Eiffage mettront en avant leur savoir-faire industriel, leur ancrage français, la perspective du champion national. Tous devront s’engager sur l’emploi et convaincre les syndicats. Car si près de l’élection présidentielle, ils peuvent politiser le dossier en demandant des comptes à l’Etat, actionnaire d’Engie. 

Reste une dernière question : cette vente-là suffira-t-elle vraiment à donner un coup de fouet à Engie ?

C’était une des grosses capitalisations boursières du secteur en Europe au moment de la fusion GDF Suez en 2008. C’est l’ombre d’elle-même aujourd'hui. Preuve que les fusions ne font pas toujours des champions.