Les prix des matières premières agricoles s’envolent partout dans le monde. C’est très inquiétant car certaines personnes ne peuvent déjà plus se nourrir, alors que l’objectif de l’Organisation des Nations Unies tentait d’éradiquer la faim dans le monde d’ici 2030.

Les prix des matières premières agricoles s’envolent partout dans le monde
Les prix des matières premières agricoles s’envolent partout dans le monde © Getty / 97

Selon les dernières prévisions de la FAO, l’organisme de l’Onu en charge de l’alimentation, 840 millions de personnes pourraient encore souffrir de malnutrition à la fin de la décennie. Comme pour beaucoup d’autres matières premières dont nous avons déjà parlé, l’envolée des prix est spectaculaire. 

Celui du maïs a doublé en un an, le blé est en hausse de 30%, le soja de 23%, le sucre de 50%. En moyenne, l'augmentation est de 30% à 35%. 

Derrière cela, il y a bien sûr le redémarrage très fort de la Chine, la hausse du prix du pétrole et celle encore plus forte des coûts du transport maritime. Mais il y a aussi des fonds spéculatifs qui ont été autorisés à prendre de plus grosses positions sur le marché de Chicago et qui parient sur la hausse des prix. 

Est-ce que c’est une hausse durable ? 

Pour partie. Le prix du frêt maritime devrait rester très élevé au moins jusqu’au Nouvel an chinois, début 2022 donc, car le Covid désorganise encore le trafic. Et la croissance est repartie tellement vite que les terminaux portuaires sont saturés: des porte-conteneurs attendent pendant 7 jours, à l’ancre, devant le port de Los Angeles, avant d’être déchargés.

En revanche, on s’attend à une bonne récolte, notamment sur le blé. Cela pourrait arrêter la hausse. Mais rien n’est jamais certain. L’an dernier, la récolte d’olives a été bonne mais un peu moins que prévu. La consommation du fait du confinement était élevée, les stocks ont donc baissé.  Résultat des prix en hausse de 30%, voire 50%. 

Mais ces hausses de prix, on ne les voit pas encore sur nos tickets de caisse…

C’est vrai en France, et ça peut devenir un problème, notamment pour les éleveurs : le prix de l’alimentation du bétail a augmenté plus vite que le prix de la viande. 

La situation est particulièrement difficile pour les producteurs d'œufs : le coût de revient d’un oeuf a augmenté de 7%, mais pas le prix de vente car il y en a trop sur le marché, y compris en bio. 

La grande distribution refuse les augmentations de prix que demandent les industriels de l’agro-alimentaire. Ils prennent sur leurs marges mais certains risquent d’être en pertes. 

Même une très grosse coopérative, comme le groupe Avril, propriétaire des marques Lesieur et Puget, n’arrive pas à convaincre les distributeurs. Pourtant le groupe est prêt à faire certifier par un commissaire aux comptes qu’il ne répercute sur les prix que ses surcoûts. Et il espère qu’en 2022 la loi intégrera des clauses de révision systématique des prix. Un bras de fer se joue en ce moment au Parlement sur le sujet.

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