L’APEC, l’Association pour l’emploi des cadres, publie aujourd’hui son enquête annuelle sur les salaires. Elle permet de mieux comprendre ce qui s’est passé l’an dernier, l’année du Covid dans les entreprises.

Les salaires des cadres ont stagné
Les salaires des cadres ont stagné © Getty / krisanapong detraphiphat

Tout n’est pas noir dans ce baromètre. Pour une année aussi exceptionnelle, marquée par le confinement, par une chute historique de l’activité - moins 8% il faut le rappeler - , la rémunération des cadres n’a pas bougé.

Elle est stable à 57 000 euros par an en moyenne. La moitié des cadres gagnent plus de 50 000 euros bruts, l’autre moitié moins. 

Certains d’entre eux ont vu leur salaire écorné par le chômage partiel, surtout chez les jeunes, mais 38% des cadres ont quand même réussi à avoir une augmentation. C’est beaucoup moins que les années précédentes, mais ce n’est pas rien. Globalement, les entreprises ont continué à verser du “variable”: des primes, de l’intéressement, de la participation. 

Alors attention ! Comme l’intéressement et la participation se calculent sur les résultats de l’année précédente, c’est cette année qu’on devrait sentir le creux. L’APEC note aussi que les cadres sont moins nombreux à réclamer des augmentations. 

Comme toujours, derrière les moyennes, il y a des situations très différentes…

Oui tout n’est pas aussi stable qu’il y paraît. S

urtout lorsqu’on zoome sur les jeunes, les moins de trente ans. Ils apparaissent comme la génération sacrifiée de 2020 : ils sont les seuls à avoir vu leur rémunération baisser. 

Le salaire médian des cadres de moins de trente ans est passé de 40 000 euros par an en 2019 à 39 000 euros. Le salaire médian, c’est celui qui coupe la population en deux: une moitié gagne plus, l’autre moitié moins. Mille euros de moins aussi pour les salaires d’embauche. 

Les moins de trente ans sont 48% à avoir eu une augmentation en l’an dernier contre 62% en 2019. Normalement ce sont des années où on progresse vite. La marche qu’ils n’ont pas passée en 2020 risque de les pénaliser toute leur carrière. On a déjà constaté cela après la crise de 2008 ou celle de 2012. 

Et il y a toujours les inégalités homme-femme… 

Depuis dix ans que l’APEC fait ce baromètre, ce n’est pas compliqué, rien ne change. Il y a toujours 15% d’écart entre le salaire des hommes et celui des femmes. Et si on compare à poste égal, l’écart inexpliqué est de 8%. 

Et l’an dernier, 40% des hommes ont été augmentés pour seulement 35% des femmes. L’écart va donc se creuser au lieu de se réduire. En plus, pendant le confinement les femmes, on le sait, se sont davantage occupé des enfants que les hommes. 

Alors au moins, pour les négociations salariales à venir, les priorités sont claires pour les entreprises : priorité aux jeunes et aux femmes.