Depuis le début de la crise sanitaire, la droite joue une partition politique à plusieurs voix. Est-ce de nouveau la division ?

A entendre les ténors des Républicains, on pourrait le croire. Gérard Larcher a opté pour le pianissimo. « Dans cette crise, je suis aux côtés du Président de la République et du Premier ministre », a insisté le président du Sénat. Christian Jacob, le numéro Un du parti dont on salue la toute récente guérison du Covid 19, adopte un ton mezzo : « Cette crise oblige à beaucoup d'humilité, de recul et de modestie ». 

De grands responsables comme François Baroin, à la tête de l’Association des Maires de France, Valérie Précresse, la présidente d’Ile de France et son homologue des Hauts de France, Xavier Bertrand, communiquent, eux, sur ce qu’ils font sur le terrain. Polémique zéro pour ces responsables. 

Mais pas pour tous leurs collègues. Damien Abad, le patron des députés LR,  garde la mesure aujourd’hui mais annonce une commission d’enquête, une fois la crise finie. Bruno Retailleau, le président des sénateurs LR, dénonce, lui, en permanence le temps de retard du gouvernement. 

Cette cacophonie n’augure rien de bon pour les futures élections

Ça dépend lesquelles. En vue de la présidentielle de 2022, c’est une nouvelle guerre des chefs qui se profile. Chacun voudra jouer sa propre partition. Et au final, l’orchestre risque d’être inaudible et, les électeurs d’aller voir ailleurs. 

Mais avant, il y aura les municipales, les sénatoriales, les régionales. Et là, la cacophonie se révélera peut-être la plus sûre façon de jouer sur toute la gamme politique. A chacun, son rôle. D’une droite responsable capable de gouverner à une droite critique mais susceptible là aussi d’incarner une alternative au pouvoir en place. 

Les Républicains seraient donc gagnants sur toute la ligne ?

C’est ce qu’ils espèrent. Sauf que face à eux, il y a Marine Le Pen, qui elle, depuis le début de la crise, dénonce l’impréparation et désormais les mensonges du gouvernement. Un des ses soutiens, l’eurodéputé Gilbert Collard, n’hésite pas, lui, à nourrir les soupçons les plus nauséabonds autour de, je cite, le « couple Buzyn Lévy », l’ex ministre de la Santé mariée à l’ancien patron de l’Inserm… Une stratégie qui peut s’avérer d’autant plus payante qu’elle est risquée. Car en ces temps de guerre, l’unité nationale s’impose dans toutes les catégories d’électeurs. Une stratégie politique et idéologique qui reste une ligne rouge pour les Républicains. Jusqu’à présent. 

L'équipe
  • Jannick AlimiJournaliste politique au Parisien Aujourd'hui en France
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