Cela se complique sérieusement pour le « chouchou des sondages », Alain Juppé, favori pour la prochaine présidentielle.

Alain Juppé
Alain Juppé © Thomas Brégardis/MaxPPP

Vous connaissez la petite blague de Nicolas Sarkozy sur « la lessiveuse » ? Il la répète souvent : « La lessiveuse, moi je connais bien, je suis passé dedans, et quand t'en sors, tu fais trois tailles de moins ! » Eh bien il semblerait que ce soit au tour d'Alain Juppé de passer dans le tambour de la machine à laver.

Pour l'instant, il a été plutôt épargné par la gauche et par les médias, qui le voient déjà à l'Elysée. Mais les choses sont en train de se corser. Prenez Bruno Le Maire, qui a fait presque 30% à l'UMP. On pourrait penser à priori que c'est une bonne nouvelle pour Juppé, qui se dit que Sarkozy n'a pas fait un score de République bananière.

C'est tout le contraire ! C'est un peu l'histoire de Frankenstein : la créature s'est échappée.

Le Maire, il se voit déjà candidat aux primaires. Et à qui va-t-il piquer des voix ? A Juppé ! Bref, le nouveau meilleur copain de Sarkozy, c'est Le Maire.Ecoutez le compliment plein d'arrière-pensées qu'il lui a fait hier soir sur TF1 :

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Le cinq sept 2013 - SON POLITIQUE SARKO

Un de ses meilleurs espoirs à lui, oui, surtout, pour enquiquiner son grand rival pour 2017 !

L'autre souci d'Alain Juppé, c'est son alliance avec François Bayrou

Il voit bien que le pacte qu'il a conclu avec le centriste pour la présidentielle, ça ne passe pas, mais alors pas du tout dans le peuple de droite. C'est pour ça qu'il s'est fait siffler chez lui, à Bordeaux par des militants UMP qui n'ont pas digéré le soutien de Bayrou au socialiste François Hollande en 2012. Et ces sifflets, ils ont visiblement un peu secoué Alain Juppé.

C'est un de ses amis politiques qui me le disait : « Alain se rend compte que ça va être très dur ». Et ce n'est pas tout. Bayrou commence aussi à poser ses conditions : il veut bien soutenir Juppé, d'accord, mais seulement s'il gagne la primaire. Sinon ? Eh bien sinon, il sera candidat. Bayrou, c'est le baiser de la mort.

Le plus dur commence, donc, pour Juppé

Fini le chemin de roses. Maintenant, il va falloir résister au bulldozer Sarkozy, qui est le nouveau patron de l'opposition, celui vers qui tous les micros vont se tendre, celui qui va distribuer les postes et les hochets à l'UMP. Et je peux vous dire que les vacheries vont pleuvoir tous les jours sur Juppé ! Sarkozy l'appelle déjà « le candidat des bobos ».

Et hier, il a proposé de créer un conseil des sages de l'UMP pour réunir tous les anciens Premiers ministres, Balladur, Raffarin, Villepin, et forcément Juppé. Une sorte de club des has-been, le rayon des antiquités, le musée Grévin de l'UMP! Une manière assez perfide de rappeler à Juppé qu'il a dix ans de plus que lui...

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