Marine Le Pen entretient des relations souvent tendues et ambiguës avec les journalistes. Elle les déteste et elle est une redoutable communicante.

Je vais vous raconter ce que m'a rapporté un confrère, pas né de la dernière pluie, qui l'a rencontrée pour la première fois : « Elle est quand même super forte. C'est une bête politique. Pour un peu, on se surprendrait à dire qu'elle est sympa ». Elle est comme ça, Marine Le Pen, avec les journalistes qu'elle ne connaît pas, c'est une redoutable séductrice.

Par contre, avec les accrédités, ceux qui la suivent au quotidien, c'est la guerre des nerfs. Elle aime bien, par exemple, leur donner un petit surnom vachard, parfois un peu raciste. Au fond, elle les méprise. Celui qui a le malheur de faire un article qui lui déplaît peut recevoir un coup de fil furibard, des textos rageurs. Parfois, certains sont même blacklistés pendant plusieurs mois par le service de presse.

Et à côté de ça -c'est tout le paradoxe- avec elle, il n'y a pas de propos off et elle ne demande jamais à relire ses interviews, ce qui, dans la classe politique, est plutôt rare.

Marine Le Pen prétend qu'elle s'informe sur les sites internet, et qu'elle n'achète pas les journaux. Vous savez pourquoi ? Parce que c'est ça qui fait vivre les journalistes... Pas étonnant, donc, qu'elle menace La Voix du Nord de sucrer ses subventions si elle est élue alors que, rappelons-le, la région n'en verse pas !

Elle a beau aspirer au pouvoir, la liberté d'expression, ce n'est pas son truc. Après, on peut aussi se demander si La Voix du Nord a eu raison ou tort, parce que ça vient alimenter son discours sur le FN victime des élites et du système. Au fond, elle n'a pas besoin de faire campagne, les médias s'en chargent pour elle. D'ailleurs, elle n'est pas très présente dans sa région, alors que Xavier Bertrand court dans tous les sens pour conjurer le sort. Cela veut dire une chose : elle est très sûre d'elle.

Le FN se garde bien de triompher avant l'heure, mais il parie sur 2 à 3 régions : le Nord, PACA et peut-être le Grand Est avec Florian Philippot. Les attentats l'ont dopé dans les sondages.

Mais petite anecdote, dans les couloirs du parti, certains se marrent en imaginant la tête de Florian Philippot, le bras droit de Marine Le Pen, s'il est élu président de la région Grand Est, lui qui vit dans les beaux quartiers de Paris. Finis les plateaux télé, fini de jouer les éminences grises au « carré », le siège du FN à Nanterre. La patronne veut que ses candidats dirigent leur région s'ils sont élus. Elle sait que ce sera déterminant pour sa candidature en 2017.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.