Depuis qu’il a été désigné comme candidat de la droite à l’issue de la primaire, François Fillon a plein de nouveaux amis.

François Fillon, le 27 novembre 2016, juste après sa victoire à la primaire de la droite et du centre
François Fillon, le 27 novembre 2016, juste après sa victoire à la primaire de la droite et du centre © Getty / Chesnot

Par Renaud Dély.

Depuis dimanche, il y a un gars extrêmement populaire chez Les Républicains : c’est celui qui a été plébiscité avec 66 % des voix. C’est la nature humaine, que voulez-vous... Quand on perd une élection, on se sent d’un seul coup tout seul et quand on gagne, on a plein de nouveaux copains. Ce qui est drôle avec François Fillon, c’est qu’il avait déjà eu pas mal de copains. C’était en 2012, quand il devait être élu à la présidence de l’UMP. Sauf qu’il avait perdu, même si Copé avait sûrement un peu triché. Et puis Sarkozy était revenu et il avait tapé du poing sur la table pour rameuter ses ouailles égarées. Et puis, surtout, tous les sondages donnaient Juppé vainqueur de la primaire.

Bref, Fillon a été lâché par plein d’élus qui le pensaient cuit, mort, carbonisé et qui le parent de nouveau de toutes les vertus depuis une semaine.

*Le député de Paris, Pierre Lellouche. Il avait parrainé la candidature de Fillon avant de filer chez Sarkozy et le voilà de retour ! Il ne tarit pas déloges pour Fillon depuis… cinq jours.
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Résultat, il s‘est fait traiter de « traître » par la garde rapprochée de Fillon qui n’est pas prête de lui pardonner. Ce qui a, paraît-il, profondément blessé Pierre Lellouche.

Le député des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti en fait des caisses lui aussi, il trouve désormais Fillon « génial », mais il reste persona non grata dans l’équipe du vainqueur…

Il faut dire que le candidat de la droite a commencé à recomposer l’organigramme du parti, et il s’est en particulier attaqué au cas de Laurent Wauquiez, que Sarkozy avait placé à la tête du parti. A sa place, Fillon, a donc nommé un tandem composé de Gérard Larcher et de Patrick Stefanini, mais il a eu la délicatesse de ménager l’ego de Wauquiez en le nommant vice-président. « C’est juste pour la forme, explique un de ses proches. Pour le tenir, Wauquiez, il vaut mieux l’avoir à l’intérieur qu’à l’extérieur… »

Reste enfin le cas de cette pauvre Valérie Pécresse. La présidente de la région Ile-de-France avait lâché Fillon pour Juppé trois semaines avant le vote, juste au moment où Juppé a commencé à dégringoler dans les sondages. Et il y a fort à parier qu’elle va passer les cinq années qui viennent à la région.

« Valérie, c’est le chat noir, c’est la boussole qui indique le Sud », s’amuse un filloniste qui ajoute : « Pécresse, c’est comme Alain Minc, quand ils te soutiennent, tu sais que c’est mort… »

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