Anne Hidalgo pourrait être candidate à la présidentielle 2022, mais être de gauche lui suffira-t-il ?

A l’heure où certains héritiers de Jaurès se déchirent pour savoir s’il faut continuer à s’appeler parti socialiste ou opter pour un audacieux Socialistes, comme le suggère François Hollande, Anne Hidalgo, elle, avance ses pions. 

Son jeu de la dame est d’abord jeu de patience. On la citait déjà dès 2016, comme candidate possible à la succession de François Hollande. Elle a préféré se consacrer à son mandat de maire de Paris. 

Sa capacité à résister aux critiques les plus virulentes, et sa réélection dans un fauteuil l’année dernière en font un personnage incontournable de la séquence politique qui s’ouvre. 

Selon un sondage Ifop paru dimanche dans le JDD, 52 % des sympathisants de gauche estiment qu’elle ferait une bonne candidate à la prochaine présidentielle. 

C’est n’est pas un triomphe romain, cela la place derrière Christiane Taubira mais devant Jean-Luc Mélenchon, Benoit Hamon, Yannick Jadot, Arnaud Montebourg, Ségolène Royal ou encore François Hollande. 

Sur quel créneau se présenterait-elle ? 

C’est toute la question. On connaît déjà une donnée intangible de la présidentielle : Jean-Luc Mélenchon est candidat, sur une ligne bien différente de sa ligne dite populiste de 2017. Il marche « devant à gauche », comme il l’a expliqué samedi dernier. 

Arnaud Montebourg fait lui, comme Anne Hidalgo, un tour de piste. Et l’ancien ministre de l’Economie répète à qui veut l’entendre que son sujet à lui « c’est la France plus que la gauche ». 

Toujours selon ce sondage Ifop, Arnaud Montebourg ne séduit que 40 % des sympathisants de gauche, mais un Français sur trois. 

Ce qui semble donner raison à un ancien ministre socialiste qui m’a confié que, pour se faire entendre de ce côté-là de l’échiquier politique en 2022, il faudra camper sur une ligne néo-chevènementiste.

C’est-à-dire  : ni de droite ni de gauche ?

La vision de beaucoup de stratèges, c’est que si l’on veut s’opposer au chef de l’Etat en 2022, il faut se glisser dans les intervalles qu’il laisse, dans les insuffisances perçues de sa politique.

Anne Hidalgo est résolument de gauche. Mais elle semble avoir compris qu’une simple alliance rose-verte pour la présidentielle ne garantira pas la victoire. 

Fidèle à sa stratégie des petits pas, elle vient d’engager une rupture avec sa majorité écologiste, sur le thème de leur rapport à la République. 

Une tentative de dépassement encore timide mais qui montre à quel point 2022 n’est certainement pas pour elle une hypothèse si lointaine. 

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