Par Marcelo Wesfreid

Le départ de Christiane Taubira et son remplacement par Jean-Jacques Urvoas a eu une conséquence inattendue : il n'y a plus de parité parfaite au gouvernement.

Les chiffres sont là : 18 hommes pour 15 femmes. Maintenant que la Garde des Sceaux est un Garde des Sceaux, il n'y a plus aucune femme aux postes régaliens : la justice, la diplomatie, les finances, l'armée, la police.

On nous dit, dans l'exécutif, que c'est le fait du hasard. Après le départ chaotique de Taubira, il fallait trouver quelqu'un d'immédiatement d'opérationnel pour mener la réforme constitutionnelle. Urvoas était le mieux placé. Et c'est vrai mais, sachez, pour la petite histoire, qu'avant de le choisir, le président a sondé une autre personne. Et c'est l'un de ses copains : Michel Sapin. Qui a refusé le poste.

Objectivement, François Hollande est le président qui a le plus fait pour la place des femmes en politique. Il a instauré la parité au gouvernement. Il l'a même imposé, la parité, pour la première fois, aux élections départementales.

Séance de questions au gouvernement au Sénat. Au premier plan, Myriam El Khomri, ministre du Travail
Séance de questions au gouvernement au Sénat. Au premier plan, Myriam El Khomri, ministre du Travail © MaxPPP

Mais on est encore au milieu du gué. Car au sommet de l'Etat, c'est une autre histoire. Regardez les postes les plus politiques : les responsables des deux groupes parlementaires PS, le président de l'Assemblée Nationale, le premier secrétaire du PS, le premier ministre. Tous des hommes . D'ailleurs, ces hommes se retrouvent tous les mardis soir pour dîner avec Hollande. Un vrai club anglais du XIXème siècle. Dans un autre genre, si on s'arrête sur le cabinet de François Hollande à l'Elysée. Dans les conseillers de premier plan, vous trouvez très peu de femmes. J'en ai compté seulement 3 sur 11 et encore l'une des 3 est sur le départ..

Mais cela peut changer avec le remaniement. Car on voit mal François Hollande s'asseoir sur la parité, pour son dernier remaniement. Certaines politiques grattent déjà à la porte pour une promotion. Ségolène Royal, par exemple. Elle jure qu'elle est très bien où elle est, à l'Ecologie. Mais en privé, elle glisse que partout où elle passe, à l'étranger, elle est reçue par des chefs de gouvernement ou des présidents, qui veulent la voir... Bref, on comprend bien qu'elle se verrait aux Affaires étrangères. L'ambition, et c'est tant mieux, n'a pas de sexe.

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