Jean-Luc Mélenchon ne chante plus l’Internationale à la fin de ses meetings mais en plus, les partis d’extrême gauche pourraient bien se noyer à la présidentielle.

Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon © Getty / Francois Pauletto

Par Sophie de Ravinel.

Travailleuses, travailleurs, c’est à vous que je m’adresse particulièrement ce matin ! Sachez-le, vous pourriez bien assister à la disparition d’une tradition française, celle des campagnes trotskystes. Souvenez-vous, elles ont été lancées pour la première fois à la présidentielle de 1969 par le soldat de deuxième classe Alain Krivine !

Un point final au poing levé? Vous allez me répondre qu’en 1995, la Ligue communiste révolutionnaire, devenue le Nouveau parti anticapitaliste, n’avait pas de candidat. Et puis au fil des présidentielles, les scores d’Arlette Laguiller, la célèbre candidate de Lutte Ouvrière, n’ont pas toujours été mirobolants. Mais cette année, c’est particulier...et pour plusieurs raisons. D’abord le changement de règles pour les 500 signatures. Les parrains des candidats, qu’ils soient parlementaires, conseillers divers ou maires ne peuvent plus espérer l’anonymat. Toute la liste va être publiée au fur et à mesure ! Vous imaginez la pression... Surtout avec la réforme des collectivités territoriales. Les petits maires qui étaient tranquilles pour donner leur voix ne sont plus vraiment indépendants. Et puis les parrains doivent envoyer eux-mêmes le document de soutien au Conseil Constitutionnel. Les équipes du candidat ne peuvent plus le faire. Il va y avoir de la perte en ligne. C’est la présidentielle de tous les dangers pour les petits candidats.

J’ai rencontré Alain Krivine la semaine dernière, dans son petit bureau du siège du NPA à Montreuil. Il soignait ses plantes vertes en écoutant de la grande musique. Ce jour-là, c’était un requiem. Comme pour mieux se souvenir de ce qu’a été son parti en termes d’organisation et de canalisation de la jeunesse radicale de gauche. Pour lui, pas de secret: le chacun pour soi domine désormais la gauche, même l’extrême gauche.

Les jeunes radicalisés, dit-il, détestent les flics et détestent les organisations comme la sienne. Ça a toujours été vrai, ça l’est encore plus aujourd’hui. Il le constate dans son département de Seine-Saint-Denis, c’est la crise : chacun pour soi et beaucoup contre les immigrés. Et puis il faut dire que Jean-Luc Mélenchon avec sa France Insoumise a bien aspiré le terrain militant.

Quid des candidats LO et NPA, alors? A Lutte Ouvrière, ils sont malins, très disciplinés quasi militaires. Les 8000 adhérents revendiqués s’y mettent des années avant pour obtenir leurs signatures. Même si elle n’a fait que 0,56% des voix en 2012, Nathalie Arthaud de Lutte Ouvrière garantit qu’elle est toujours aussi motivée. Ils pourraient donc bien se présenter cette année. Mais pour le NPA, c’est bien moins certain. Ils ont d’ailleurs lancé un appel au don de signature.

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