Par Etienne Gernelle.

Vous avez vu le week-end dernier que la querelle entre les deux leaders rivaux des Républicains portait sur un point de doctrine : y a-t-il une ou deux droites ? Valérie Pécresse a dit qu’il y en avait deux : d’un côté une droite plus conservatrice et souverainiste, de l’autre une droite plus libérale et européenne…

Laurent Wauquiez lui a répondu que pas du tout, il n’y en avait qu’une seule. Et que en gros on s’arrangerait bien, surtout si c’est sous sa direction.

Bien. Alors j’ai cherché, je me suis demandé s’il n’y en avait pas même trois, des droites, avec la droite Juppé, qui trouve du "charme" à Macron. Et puis j’ai trouvé.

Et alors ? Qui a raison ?

Wauquiez ! Il n’y a qu’une droite ! De toute évidence. En tout cas une droite qui domine  largement toutes les autres. Le problème, pour Wauquiez, c’est que la droite unique, en tout cas la plus puissante, est pour l’instant représentée par… Emmanuel Macron.

J’en veux pour preuve de document appelé « Position paper », qu’Emmanuel Berretta, spécialiste de l’Europe au Point, a pu consulter. Ce document du PPE, qui regroupe les droites européenne, dont les Républicains et la CDU allemande, dit qu’il est largement en accord avec les propositions de Macron sur l’Europe. Notamment sur le budget de la zone euro.

Donc la droite européenne est donc assez macroniste. Alors que la droite française dirigée par Wauquiez est en désaccord avec les options européennes de Macron. Aïe. Donc Macron serait plus proche de la majorité de la droite que Wauquiez. Et notamment au niveau européen, où se jouent les grandes décisions.

Perturbant ? non ? On retrouve toute la difficulté de la droite française dont l'espace est aujourd'hui largement occupé par Macron. Au point que la droite, en réaction, est parfois prise d'une tentation socialiste, critiquant par exemple la réforme des allocations logement. Tout le monde triangule, comme on dit.

Et chacun, à droite, occupe un terrain comme il peut en attendant que Jupiter trébuche.

Si cela se produit, on verra s'affronter de nouveau Wauquiez et Pecresse. Et donc on retrouvera peut-être les deux droites, avec assez d'espace pour chacune. Ce qui donnerait, peut-être, ce jour là, raison à Pecresse. 

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.