Depuis plusieurs semaines, les écologistes ont disparu... Ce sont des victimes collatérales de la crise.

Yannick Jadot, militant écologiste
Yannick Jadot, militant écologiste © AFP / Eric Piermont

Il y a un épisode qui résume assez bien l’impasse dans laquelle se trouvent les Verts : c’était ce samedi,  au journal de 13h, sur TF1. Yannick Jadot avait fait les choses en grand, interviewé de chez lui : drapeau tricolore, drapeau européen, cheminée en marbre… Un cadre quasi-présidentiel, et pour cause : l’eurodéputé a presque officialisé sa candidature à la présidentielle de 2022. Vous imaginez l’événement, ce devait être un moment fort pour la gauche… 

Et pourtant, presque personne n’a remarqué cette sortie. Le profil Twitter créé pour l’occasion compte à peine 245 abonnés ! Absolument aucun cadre écolo n’a relayé les grands thèmes de l’intervention de Yannick Jadot. Pas plus que les médias, d’ailleurs, qui étaient trop occupés à parler de la Covid-19, et du couvre-feu renforcé qui avait été annoncé la veille en lieu et place du reconfinement tant redouté. 

L’écologie très peu visible en ce moment  pour deux raisons

L’une, sur le fond, et l’autre, sur la forme. 

  • Sur le fond, d’abord, le problème c’est que la crise que nous connaissons, elle pose certes quelques questions qui relèvent de l’écologie, comme le rapport à la mondialisation, au libre-échange ou à la libre-circulation. Mais elle relève surtout du médical et de l’économique. Deux thématiques sur lesquelles les Verts souffrent toujours de leur image pro-décroissance et anti-vaccin. 
  • Et puis sur la forme, ensuite, les écolos payent le fait d’être trop bons élèves. C’est-à-dire que dans un paysage où la plupart des oppositions se font remarquer par leurs outrances et leur radicalité, il n’y a pas beaucoup d’espace pour faire entendre une voix qui serait critique sans être complètement démago ou populiste.  

Si la crise sanitaire dure encore plusieurs mois, cela risque de casser la dynamique dans laquelle les écolos pensaient s’inscrire

Parce qu’après leur percée spectaculaire aux européennes, puis leurs victoires éclatantes aux municipales, les Verts espéraient enjamber les régionales et les départementales pour se projeter directement vers la présidentielle. Or la présidentielle, c’est un programme, bien sûr, mais pas seulement. C’est aussi la campagne d’un homme, ou d’une femme, qui doit séduire les Français en plus d’incarner un projet. Les écolos ont 15 mois pour y arriver.

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