Finalement, le « vieux monde » a de beaux restes. L’Elysée a beau avoir entretenu un faux suspense, il n’a jamais été question pour le chef de l’Etat de se dérober à cet exercice imposé. C’est donc une allocution extrêmement convenue qu’a délivré Emmanuel Macron hier soir.

Différentes captures des voeux d'Emmanuel Macron à la télévision le 31 décembre 2017
Différentes captures des voeux d'Emmanuel Macron à la télévision le 31 décembre 2017 © Maxppp / L'Est Républicain

Pas d’annonce mais un ton lyrique, presque messianique, sur le mode : « J’ai besoin de vous » Et même au passage un petit emprunt à Kennedy, rien que ça, lorsqu’Emmanuel Macron a lancé : « Demandez vous chaque matin ce que vous pouvez faire pour le pays ! » Et surtout un mot d’ordre qu’il a répété : « Je n’arrêterai pas d’agir » ! » Qu’on se le dise, réveillon ou pas, il n’a été élu pour beurrer les toasts…  

Il faut dire qu’en termes de réformes, l’année 2018 s’annonce particulièrement chargée ?   

Oui. Apprentissage, formation professionnelle, retraites, et surtout deux dossiers explosifs. Le premier, Emamnuel Macron n’en a pas parlé hier soir, c’est le casse-tête de Notre-Dame-des-Landes. Le chef de l’Etat a promis une réponse en janvier et son problème, c’est qu’il n’y a plus de bonne solution : soit il renonce au nouvel aéroport et il bafoue le résultat du référendum local qui avait été organisé il y a un an et demi, soit il lance les travaux, et il risque fort de perdre son ministre de l’Ecologie, Nicolas Hulot.  

Et puis il y a un deuxième sujet qui divise les macronistes, c’est la loi sur l’immigration prévue pour le printemps  

Oui. Emmanuel Macron a promis hier soir de concilier une « ligne d’humanité » et une « ligne d’efficacité ». Ce sera pas simple car sur ce sujet, les marcheurs se sont mis à marcher… dans tous les sens, déchirés entre un courant répressif, emmené par Gérard Collomb, et une frange de députés plus à gauche. En fait, pour surmonter ces difficultés à venir, le chef de l’Etat comptera, d’abord sur celles… de ses opposants. Et il faut dire que depuis huit mois, en observant le naufrage de la droite, du PS et du FN, Emmanuel Macron s’est dit plus d’une fois qu’avec des ennemis comme ça, il n’avait pas forcément besoin de beaucoup amis…

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