On vient d’apprendre qu’une enquête préliminaire a été ouverte contre des dirigeants de La France Insoumise dans l’affaire des perquisitions. Dimanche, Jean-Luc Mélenchon a essuyé une nette défaite aux municipales. Est-ce de mauvais augure pour la présidentielle ?

Laissons la justice suivre son cours. Mais, politiquement, bien que ce soit des élections locales, les municipales sont une étape essentielle dans une dynamique politique, surtout deux ans avant la présidentielle. Il est vrai que La France Insoumise n’est pas encore structurée pour affronter 35 000 scrutins locaux. 

En outre, certaines alliances ont brouillé l’image du parti. À Montpellier, pour le second tour, la liste LFI s'est alliée  au milliardaire Mohed Altrad, à l’éthique controversée, ce qui lui a valu d’ailleurs d'être reniée par le parti. À Bordeaux, les Insoumis ont préféré soutenir la liste d’extrême-gauche plutôt que celle d’Union de la Gauche, finalement victorieuse. 

Enfin, Jean-Luc Mélenchon, député de Marseille, n’a pas soutenu la liste de gauche du Printemps marseillais au premier tour et s'est prononcé pour elle au second tour du bout des lèvres.

Et cet échec aux municipales ruinerait sa candidature pour 2022 ?

Au sein des Insoumis, on relativise bien sûr. Pour le député, Éric Coquerel, un des lieutenants de Jean-Luc Mélenchon, l’abstention massive, notamment dans l’électorat populaire qui est celui de LFI, rendrait peu pertinente toute extrapolation nationale. Admettons. Mais la stratégie en solo solo de Mélenchon, hors de toute alliance avec ses partenaires de Gauche est d’autant plus controversée qu’elle paraît pour le moment inefficace. 

La tentative de Mélenchon de lancer une «fédération populaire» destinée à rassembler toutes les forces politiques qui se retrouveraient, je cite, sur un «contenu très clair de rupture », entendez sans un PS trop social démocrate, fait pschitt. 

Et le PS préfère, de son côté, s’unir aux Écolos, comme on l’a vu aux municipales. 

Exit Jean-Luc Mélenchon ?

Mélenchon aura beaucoup de mal à incarner le candidat unique indispensable à la Gauche pour espérer figurer au second tour de la présidentielle. 

Bien sûr, pour beaucoup d’Insoumis, seul l’ancien ministre de Lionel Jospin est capable d’aller chercher un électorat populaire et une partie des classes moyennes. Seulement, des concurrences internes ne manquent pas de s’exprimer. 

François Ruffin, député LFI de la Somme, cache à peine ses prétentions. Mais pour un proche de Mélenchon, là encore, pas de menace directe. « Ruffin, estime ce député, a dit qu’il n’irait à la présidentielle que si le drapeau est à terre. Or, le drapeau Mélenchon n’est pas à terre » CQFD

L'équipe
  • Jannick AlimiJournaliste politique au Parisien Aujourd'hui en France
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