Une majorité a-t-elle déjà connu élection locale plus maudite ? II y a eu bien entendu ce premier tour dont le maintien le 15 mars, en pleine pandémie, a jeté le doute sur la gestion par l’exécutif de la crise sanitaire. Mais la compétition était déjà drôlement embarquée...

Isoloirs pour le premier tour des élections municipales, le 15 mai 2020 en France
Isoloirs pour le premier tour des élections municipales, le 15 mai 2020 en France © AFP / Patricia Huchot-Boissier / Hans Lucas / Hans Lucas

A Paris notamment, ville sur laquelle il y a encore quelques mois les marcheurs fondaient de grands espoirs. 

Douchés une première fois par Benjamin Griveaux et l’épisode dit des vidéos intimes. Puis, ensuite par la troisième place au premier tour de sa remplaçante l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn. C’était avant qu’elle ne compare ce scrutin à une « mascarade ». 

Ce qui ne l’a pas empêché de revenir dans le jeu pour le second tour.

C’est à se demander ce qui pouvait leur arriver de pire…

La République en marche n’avait visiblement pas épuisé toutes ses capacités en matière de scénario catastrophe. 

La semaine dernière, Gérard Collomb à Lyon, dans ce qui était autrefois le cœur battant du macronisme, n’a rien trouvé de mieux que de s’allier à la droite Wauquiez. 

Au moment même où le président veut paraître plus écolo, son ancien grognard, désormais désinvesti par le parti, invente le front anti-Verts ! 

Et l’on retient son souffle à Bordeaux. Des tractations ont lieu entre le candidat envoyé par l’Elysée, Thomas Cazenave, et le maire actuel Nicolas Florian, a-t-on appris samedi. S’ils ne parviennent pas à s’entendre, La République en marche pourrait réussir l’exploit de permettre aux écolos de ravir la ville d’Alain Juppé ! 

Quant à Marseille, les marcheurs se divisent entre soutien à la droite Gaudin ou à la liste du Printemps marseillais, qui pourrait gagner la ville.

Enfin, à Paris, Agnès Buzyn n’est pas parvenue, pour le moment, à faire alliance avec le dissident Cédric Villani et, dans son dos, certains ex-LR qui la soutenaient, négocient avec leur ancien camp. 

Il y a pourtant bien eu des villes remportées par des macronistes au premier tour

Tourcoing, Coulommiers, ces villes d’ex LR passés en Macronie ont été gagnées. 

Mais pas Le Havre, qui sera l’épicentre de ce second tour. 

Edouard Philippe y est arrivé en tête. Mais sans réserve de voix, il est menacé par un député communiste. 

Il lui reste 28 jours pour l’emporter. Si c’est le cas, il parviendra sans doute à conserver Matignon et modifier un tant soit peu la lecture de ce scrutin cauchemardesque pour la majorité. 

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