Les conflits sociaux restent vifs. Mais il y a une autre opposition plus « douce » à laquelle Emmanuel Macron devrait faire plus attention.

Emmanuel Macron quittant le palais de l'Élysée après l'investiture
Emmanuel Macron quittant le palais de l'Élysée après l'investiture © Radio France / Cyril Graziani

Par Jannick Alimi.

Ce sont les lanceurs d’alerte qui participent de la majorité présidentielle ou qui en sont les partenaires bienveillants, mais qui, sans souhaiter l’arrêt du train de réformes lancé depuis un an par le président Macron craignent, cependant, que ce train ne déraille. 

Les lanceurs d'alerte, ce sont cette quinzaine d’élus En Marche qui se sont abstenus sur la loi Asile Immigration ou la centaine qui ne s’est pas déplacée le jour du vote pour manifester clairement leur désaccord avec le projet Collomb. C’est Laurent Berger, le patron de la très réformatrice CFDT, qui exhorte le gouvernement, déterminé à supprimer le statut des cheminots pour les nouveaux embauchés, à écouter les syndicats et à ne plus les humilier. C’est encore Jean-Louis Borloo, centriste plutôt proche de la vision d’Emmanuel Macron mais qui lance lui –aussi un S.O.S pour faire plus et mieux dans les banlieues et les quartiers difficiles. 

Une opposition différente de celle du PS, de la France Insoumise, des LR ou du FN 

Car ces lanceurs d’alerte sont différents: ils conservent malgré tout leur confiance au gouvernement et au chef de l’Etat. A part Jean-Michel Clément, le député de la Vienne, aucun marcheur n’a voté contre la loi asile ce qui aurait provoqué une vraie crise politique. Idem pour le leader de la CFDT qui ne souhaite pas  la convergence des luttes et parie encore sur un processus de négociations. Quant à l’ancien ministre de la Ville dont le poids est plus symbolique que politique, il reconnaît d’ores et déjà que son rapport n’est pas la « Bible » et s’interdit de juger l’action du gouvernement au bout d’un an seulement. 

Seulement voilà ! Combien de temps encore Richard Ferrand, le président du groupe LREM à l’Assemblée, réussira-t-il à tenir  ses troupes ? Combien de temps, Laurent Berger, dont le mandat sera remis en jeu lors du congrès de Rennes en juin, réussira-t-il lui aussi à faire valider sa vision réformatrice par une base de plus en plus remontée ? Emmanuel Macron sait que ces « lanceurs d’alerte » ne lui veulent pas de mal. Mais il est aussi convaincu de ses propres thèses. A lui de prouver que le « en même temps », qui consiste à conjuguer écoute et conviction, cela marche encore un an après.

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