Par Nathalie Schuck

On va plonger dans les arcanes de l'extrême droite, où on phosphore beaucoup sur l'avenir du FN après 2017...

Je vais vous raconter une histoire qu'on pourrait intituler « le fabuleux destin de Marion Maréchal-Le Pen ». C'est ironique, mais pas tant que ça... Il faut la suivre de près, la petite fille de Jean-Marie Le Pen parce qu'elle risque d'aller loin et plus vite qu'on ne croit. Au sein de la droite extrême, beaucoup se disent que c'est elle qui a les clés de l'avenir du FN. Et pas sa tante, Marine, que certains voient comme un « Pape de transition » qui aura porté son parti au maximum de ses capacités, sans parvenir à conquérir le pouvoir.

Un souverainiste me disait : « Marine Le Pen sera au second tour de la présidentielle de 2017, mais elle fera élire Sarkozy, Juppé ou Hollande. Du coup, ses électeurs se diront que c'est Georges Marchais, qui avait porté le Parti communiste à 30% mais fait élire François Mitterrand. Et là, le FN va entrer dans une zone de turbulences.

Jean-Marie Le Pen et Marion Maréchal Le Pen
Jean-Marie Le Pen et Marion Maréchal Le Pen © Alain Robert/Apercu/SIPA

C'est à ce moment que Marion Maréchal-Le Pen entrerait en scène, pronostiquent certains au FN . Ils pensent qu'elle est la seule capable de faire la fusion des droites, en absorbant une partie des Républicains . C'est le grand fantasme de Patrick Buisson, l'ancienne éminence grise de Nicolas Sarkozy, qui suit son parcours de près. Et le fait est que certains leaders de droite se laisseraient bien tenter. Elle n'a pas l'air méchante, la « petite Marion » comme ils l'appellent, avec ses cheveux blonds et son joli minois. Dans les couloirs de l'Assemblée, on voit régulièrement des élus de droite lui claquer la bise ! Vous vous souvenez d'Henri Guaino, qui avait déclaré qu'il pourrait travailler avec elle au Parlement. Bref, elle pourrait réussir là où sa tante va sans doute échouer. Et elle a déjà commencé pendant les régionales, puisque sa liste en PACA comprenait des personnalités allant de l'ex-UMP à la droite identitaire la plus radicale.

Mais la question est de savoir si elle en a envie. Elle répète qu'elle se pose beaucoup de questions, qu'elle ne se voit pas forcément faire de la politique toute sa vie. Un élu qui l'a rencontrée me disait qu'il l'avait trouvée « pas si ambitieuse que ça » et surtout « très soucieuse de ne pas être prise en défaut de fidélité à sa tante ». Mais elle n'aura sans doute pas le choix. C'est vers elle, forcément, que les regards vont se tourner après 2017. A la présidentielle de 2022, on peut imaginer qu'il y aura un renouveau et que les candidats s'appelleront Emmanuel Macron, Laurent Wauquiez ou NKM. Pas sûr donc que Marine Le Pen, qui aura déjà deux présidentielles au compteur, puisse repartir pour un tour.

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