Hier, Manuel Valls a réuni ses amis à l’Assemblée Nationale pour les rassurer.

Par Marcelo Wesfreid

Il y avait urgence. Beaucoup de ses amis sont effarés par la ligne toujours plus à gauche de Benoît Hamon. Et puis, il faut dire la vérité, Valls, il était en train de disparaître des radars. Il était parti se reposer en Espagne, après sa défaite. Séville, Tolède, Padou, Madrid. ll a décroché. En revenant, il a vu que c’était panique à bord. Alors, hier, il a dit à ses soutiens : « la gauche est en pleine recomposition. Il faut empêcher un second tour Fillon-Le Pen. Je pèse mes mots… »

Valls pense que Fillon a tellement déçu moralement que c’est le pire candidat face au FN. Il a aussi taclé hier soir l’accord entre le PS et les Verts.

En clair, son cœur est en train de battre de plus en plus pour Macron. Les Vallsistes pourraient en cas de victoire de Macron lui proposer une alliance parlementaire. Incroyable ! On n’est pas au bout de nos surprises dans cette présidentielle…

Mais cela doit être dur pour lui qui détestait tellement Macron, le félon, Macron, l’homme qui lui a piqué l’étendard de la modernité, de la jeunesse, de la transgression.

La politique a cela de fascinant que les gens ont le cuir dur et qu’ils ont une capacité hors norme à tourner la page. Cela a quelque chose de violent et de fascinant, en même temps.

Ce revirement stratégique, il s’est en partie noué hier à midi. Valls a réuni ses plus proches pour un déjeuner qui était censé être top secret, mais on était quelques journalistes à s'être pointés devant la porte. A avoir trouvé l’adresse. C'était au ministère de la Famille, chez Laurence Rossignol. Elle a ses bureaux dans une impasse, pas loin de l’Assemblée. Les voitures de ministres défilaient : Urvoas, Najat Vallaud Belkacem, Jean-Marie Le Guen. En tout, une quinzaine de personnes. Un vrai complot. D’ailleurs, Valls était furieux que le lieu du rendez-vous ait fuité. Donc, il a demandé aux gens de ne pas nous parler, en sortant. Du coup, certains élus sont sortis par l’arrière. En traversant les jardins d’un autre ministère. C’est dire si ça respire la sérénité actuellement, du côté de chez Manuel Valls. Lui, qui, je le rappelle au passage, doit aussi préparer en parallèle sa campagne pour les législatives à Evry. C’est dur d’être un revenant.

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